Les migrations sous le talon de fer capitaliste (par R.H.)

Migrant.e.s, réfugié.e.s. Les puissances occidentales, responsables des migrations forcées, s'emploient à les contenir par tous les moyens.

Partout dans le monde, la situation des migrant.e.s et des réfugié.e.s s'est considérablement aggravée. Les politiques anti immigration des Etats occidentaux se sont radicalisées. Leur inhumanité, en particulier dans le traitement des réfugié.e.s, s'est généralisée. Cette inhumanité est consubstantielle au système capitaliste financiarisé et militarisé. Elle tient au fiat que les puissances dominantes n'ont jamais renoncé à s'accaparer les ressources minières et alimentaires des pays longtemps soumis à leur emprise coloniale.

La complicité des régimes des ex pays colonisés

Pour sécuriser cette spoliation et assurer la protection des entreprises transnationales, les puissances post coloniales participent à l'installation de régimes antidémocratiques, voire dictatoriaux, et favorisent l'enrichissement de leurs clans. En contre partie, ces régimes mettent à leur service des personnels politiques et gouvernementaux et les éléments les plus sûrs de leurs armées et polices. Des mafias, liées au pouvoir, et ayant à leur solde des milices armées, apportent aussi leur concours. Ces politiques sont génératrices de misère, de conflits interethniques ou religieux et de guerre. Pour chaque situation, que ce soit en Syrie, Irak, Yémen, Soudan du Sud, Somalie, Afghanistan, Libye, Afrique subsaharienne... Un examen spécifique confirmerait cette analyse globale. Qui pourrait imaginer que le système capitaliste n'en ait pas prévu les conséquences, spécialement la fuite des ressortissants de ces pays, qui, de plus en plus nombreux, voudront chercher refuge ailleurs. Et où donc, si ce n'est dans les pays « riches », désignés à tord comme pays des droits humains. Telle est l'origine des migrations forcées qui vont forcément s'amplifier.

Empêcher à tout prix la fuite des migrants

Très vite, le système prédateur a mis en place des dispositifs pour contenir ces migrations et empêcher à tout prix les migrants de rejoindre l'Europe. Dans la période récente, il y a eu en novembre 2014, le processus de Khartoum signé entre l'UE et une vingtaine de pays africains, du Soudan à la Libye. Il s'agissait, moyennant des financements, que les pays d’Afrique de transit renforcent leurs patrouilles aux frontières et établissent des camps de rétention pour les demandeurs d’asile. En Libye, ce sont des bandes armées qui assurent les fonctions de gendarmes de l'Europe. En quelque sorte, cela revient à instaurer la frontière européenne sur le territoire d'un pays tiers. Depuis mars 2016, c'est le cas de la Turquie qui a bénéficié de 6 milliards d’euros, pour retenir plus de 3 millions de réfugiés. En avril 2017, selon l'accord un accord avec le Niger, la ville d’Agadez est devenue la nouvelle frontière de l’UE, en Afrique de l’Ouest. Cette politique d'externalisation est appelée à se renforcer. Le système capitaliste signe là un scénario-migration dont personne ne peut prédire jusqu'à quelles extrêmes il peut nous mener.

Roger Hillel

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.