Le phénomène Greta

La jeune suédoise incarne une jeunesse mobilisée contre la crise climatique. Le mouvement de par sa dynamique est potentiellement porteur d'une écologie anticapitaliste.

Vendredi 20 septembre des millions de personnes, dont une majorité de jeunes, ont manifesté dans plus de 150 pays pour lancer un SOS face à la montée hallucinante de la crise climatique. A l'endroit de ce mouvement mondial de masse, les militant.e.s qui, à l'instar des communistes, contestent le système capitaliste sont partagé.e.s. Ils estiment, à juste titre, que ce système, consubstantiellement productiviste et consumériste, est en dernier ressort responsable des émissions de gaz à effet de serre. C'est la raison pour laquelle leur slogan est « changeons le système pas le climat ». Or, dans les manifestations auxquelles participent tant de jeune, ce slogan n'est pas fréquent alors que d'autres prolifèrent pointant la seule responsabilité individuelle. Du coup, les remèdes qui sont avancés préconisent surtout les changements de comportement et de modes de vie. Autant il est légitime de recommander d'être à titre personnel, moins énergivore, plus économe, plus respectueux de son environnement direct, autant laisser penser que là résiderait la solution n'est pas acceptable.

Une dynamique est en train de se créer

Ce décalage n'aide pas à apprécier à sa juste valeur la portée de l'engagement d'une partie de la jeunesse dans la lutte contre le réchauffement climatique. Certes, elle ne met pas encore en cause majoritairement le système capitaliste mais une dynamique est en train de se créer qui peut conduire ces jeunes à le mettre en accusation. C'est ce qui commence à se produire avec Greta Thunberg qui, incarnant toute une génération, tire la sonnette d'alarme et pointe les lâchetés des dirigeants et décideurs de la planète. A son propos, est-il important de savoir si elle agit seule, ce qu'elle affirme, ou si elle est sous l'influence d'un groupe d 'écologistes ? Est-il d'un quelconque intérêt de se demander si son autisme se traduit dans ses prestations publiques ? Ce qui importe, c'est son propos qui se radicalise et vise de plus en plus juste, telle sa déclaration à l'occasion de la COP2435 « Notre biosphère est sacrifiée pour que les riches des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre. Et si les solutions au sein du système sont impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. » C e qu'il faut retenir, c'est lorsque à la tribune de l'ONU, elle incite les dirigeants de la planète à « écouter les scientifiques », lorsqu'elle déplore « leurs mensonges et leurs inactions ». Nous partageons cette colère, et pouvons pleinement prendre à notre compte son exhortation : « Nous allons les forcer à nous écouter. Ce n'est que le début, le changement arrive qu’ils le veuillent y ou non. » Nous pouvons dire avec elle « Nous sommes au début d’une extinction de masse et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent et de rêve d’une croissance éternelle, comment osez-vous ? ».

 

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