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Billet de blog 29 oct. 2022

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Réaction à Perpignan contre une apologie de l’OAS par le Rassemblement national

Emotion à Perpignan où la ville dirigée par le Rassemblement national veut nommer une place du nom d’un chef des assassins de l’OAS, qui ont attenté à la vie du président de la République et assassiné de nombreux Algériens, des militaires français et des Européens d’Algérie favorables à un avenir de paix : Pierre Sergent, chef de l’OAS Métropole dont les attentats terroristes y ont fait 71 morts.

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De nombreuses organisations démocratiques appellent à manifester le samedi 29 octobre 2022 contre cette décision. Parmi elles, la Ligue des droits de l’Homme des Pyrénées-Orientales et l’Association Josette et Maurice Audin qui rendra hommage, lors de cette réaction populaire en faveur d’une histoire franco-algérienne non falsifiée, à ceux dont elle porte le nom.


appel du collectif de perpignan pour le 29 octobre 2022pdf (format pdf - 597 ko - 29/10/2022)


Un appel à se rassembler contre le projet d’esplanade « Pierre Sergent »

Les opposants à cet hommage au député FN Pierre Sergent, membre actif de l’OAS, veulent faire entendre leur voix ce samedi 29 octobre 2022 à partir de 11 heures sur la place Molière.

La presse rapporte que des tracts ont commencé à circuler dans les rues de la ville, de main en main, comme sur les réseaux sociaux. Un large bandeau rouge proclame « Non à l’esplanade Pierre Sergent ! Refusons la falsification de l’histoire franco-algérienne ! » Le projet mis en délibération a été largement voté en conseil municipal le 22 septembre dernier. Une nouvelle esplanade doit donc porter le nom de l’ancien député FN des Pyrénées-Orientales. Un projet qui ne passe pas chez bon nombre de citoyens opposés à la municipalité RN de Louis Aliot.


Communiqué de la Ligue des droits de l’Homme
des Pyrénées-Orientales

La LDH 66 vient d’apprendre la décision du Conseil municipal de Perpignan, voulue par le président adjoint du Rassemblement national, ex FN, Louis Aliot, de donner le nom de Pierre Sergent à une place. Elle dénonce avec vigueur cette décision qui ne fait que ranimer les rancœurs d’une histoire pourtant bien douloureuse.

Quel qu’ait été le parcours de Pierre Sergent il ne peut être détaché de celui de l’OAS, organisation terroriste et criminelle dont il fut le fondateur et l’acteur de premier plan.

Les méfaits de l’OAS sont hélas bien connus : 71 morts et 394 blessés en Métropole et environ 2 200 tués et plus de 5 000 blessés dans les territoires algériens. L’OAS a organisé 750 attentats sur le sol métropolitain, politique de terreur avec plus de 100 attentats perpétrés en Algérie. Pierre Sergent a participé activement aux guerres coloniales en Algérie en Tunisie et en Indochine pour s’opposer à leur indépendance. L’amnistie obtenue en juin 1968 ne peut réécrire l’Histoire.

La colonisation est un crime contre l’Humanité et Pierre Sergent en a été un agent actif en utilisant la terreur. Louis Alliot et son conseil municipal continuent à commémorer ces faits qui sont dans la droite ligne de ce qui a été commis à Perpignan début juillet lors de la commémoration des accords d’Evian. Pour les personnes d’origine algérienne, pour celles et ceux qui ont souffert en se libérant du colonialisme, vivant dans notre ville, nous dénonçons cette politique mémorielle sélective qui oublie une grande partie des acteurs de cette guerre.

La LDH 66 dénonce ces actions et sera toujours présente pour défendre la Démocratie, et les valeurs républicaines comme elle l’a fait le 3 juillet dernier au Casals. Elle s’oppose et s’opposera toujours à la surenchère mémorielle de l’extrême-droite et rappellera sans cesse que l’histoire ne se résume pas à ses positions partisanes mais qu’elle concerne l’ensemble des populations qui ont en été les acteurs. Elle appelle à s’opposer à ces commémorations, Perpignan mérite mieux que cela.


Communiqué de l’Association Josette et Maurice Audin

Paris, le 27 octobre 2022.


L’AJMA, association Josette et Maurice Audin, a appris avec consternation et colère que le conseil municipal de Perpignan a osé décider de nommer un lieu public de cette ville du nom d’un chef des assassins de l’organisation terroriste OAS (Organisation armée secrète) qui a attenté à la vie du Président de la République française.

Ce faisant, le Rassemblement National montre bien son visage d’extrême droite : changer de nom ne suffit pas à faire croire à l’abandon des thèses racistes et anti-républicaines.

Aux nombreuses victimes faites par la répression coloniale dans sa lutte contre les partisans de l’indépendance algérienne, les extrémistes de l’Algérie française regroupés au sein de l’OAS ont ajouté de nombreux morts, y compris après la signature des accords destinés à mettre fin à la guerre. Aussi bien parmi les Algériens que parmi les militaires français et parmi les Européens d’Algérie favorables à un avenir dans une Algérie qui aurait dépassé les discriminations coloniales.

Pierre Sergent était le chef de l’OAS en Métropole dont les attentats terroristes y ont fait quelque 70 morts.

60 ans après l’indépendance chèrement acquise de l’Algérie, l’Association Josette et Maurice Audin refuse de voir bafouée à la fois la mémoire de ces victimes et les valeurs de la République par des politiciens opportunistes, sans scrupules, et promoteurs de la xénophobie et de la haine.

L’AJMA soutient les organisations démocratiques, les citoyens qui ont prévu de manifester ce samedi 29 octobre à Perpignan contre cette décision du conseil municipal et de son maire.

Elle a chargé l’un de ses membres, Hakim Addad, infatigable militant de la liberté en Algérie et militant contre le racisme et l’extrême-droite en France, de la représenter le samedi 29 octobre, place Molière, lors de la réaction populaire en faveur d’une histoire franco-algérienne non falsifiée.


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