"GÉNÉRAUX A LA POUBELLE !"

Le projet de loi de finances 2020, le projet de loi sur les hydrocarbures et le simulacre électoral du 12 décembre prochain sont des actes de haute trahison à la Nation.

LA SILMIYA de la Révolution Populaire en Algérie a le génie dont la force créatrice, l'intelligence fertile et la puissance subversive ne sont plus à démontrer. En effet, depuis près de huit mois, le peuple algérien ne cesse de démontrer que la force transformatrice d'une révolution peut agir de façon radicale et sans, pour autant, verser dans la violence. 

Pourtant, le régime algérien dont la violence est l'élément identitaire central n'a pas lésiné sur les moyens pour faire déraper la Révolution pacifique du peuple, lui ôter son sourire et l'espoir qu'elle porte d'offrir à l'Algérie un nouveau projet historique. 

Né dans la conspiration du projet d'une République Algérienne Démocratique et Sociale prôné par l'Appel de Novembre et porté par le Congrès de la Soummam, ce régime voit dans le Sourire de la Révolution populaire en cours le signe majeur de sa finitude. 

Alors, rangé par une paranoïa de plus en plus grandissante, il multiplie les arrestations et les détentions arbitraires, les opérations d'intox et de manipulation, les formes de chantage...Enfin, il essaie tant bien que mal de bomber le torse alors qu'il est vacillant. 

Cela dit, nombreux sont les signes envoyés par ce régime qui montrent qu'il est prêt à programmer la destruction de la souveraineté nationale pour assurer sa propre survie. 

Cette triste réalité,  les Algériennes et les Algériens l'ont parfaitement saisie ! Preuve en est, lors du 34e vendredi de la Révolution souriante de la Silmiya, il étaient des millions à cibler par de puissants slogans le projet de loi de finances 2020, le projet de loi sur les hydrocarbures et le projet du simulacre électoral, prévu le 12 décembre 2019, après le lamentable échec des deux simulacres précédents qui devaient se tenir, pour le premier en avril dernier et, à défaut, pour le second, en juillet, à la veille de la célébration du 57e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. 

"Qânûn l'mâliya, jarîma irhâbiya" ( littéralement, la loi de finance, un crime terroriste). C'est en ces termes que des millions de manifestants, d' Annaba à Tlemcen et d'Alger à Tanamrasset ont qualifié le projet de loi de finances pour l'année 2020. A lui seul, ce slogan suffit pour montrer que ce projet de loi vise à terroriser le peuple via un inqualifiable chantage : si vous ne voulez pas des prochaines élections, vous n'aurez pas d'argent pour vous nourrir, pour payer vos factures d’électricité, de gaz et d'eau et pour subvenir à tous vos besoins quotidiens. 

En réalité, ce projet de loi de finances est fait pour offrir à la rapine et à la corruption un cadre légale. Il donne aussi la possibilité à la mafia nationale et à ses ramifications locales, inféodés à la chefferie du commandement militaire, de voler en bandes organisées et en toute impunité. 

La mobilisation populaire contre ce projet de loi a, aussi, une dimension sociale. En effet, l'adoption d'un tel projet proposé par un gouvernement n'ayant nullement la prérogative pour le faire et dans un parlement illégitime n'aura comme effet que d’appauvrir de façon plus dramatique les pauvres et d'enrichir encore les riches ! 

Ainsi est pleinement posée la question de la justice sociale.

Un autre projet de loi menace, cette fois-ci, de livrer la souveraineté nationale sur un plateau aux multinationales de l’ultralibéralisme, aux puissances néocolonialistes et à leurs bras régionaux qui agissent contre tout projet de construction citoyenne de la rive sud de l'espace méditerranéen. Il s'agit du projet de loi sur les hydrocarbures. 

Ce projet est extrêmement dangereux ! Il porte le risque de mettre en oeuvre la mort programmée de l'Algérie. 

"Qânûn elmahrûqât, dârûh f l'kazirnât" (littéralement, la loi sur les hydrocarbures, ils l'ont faite dans les casernes), scandaient les Algériennes et les Algériens dans les différentes villes et les différents villages du pays. 

Le peuple le sait, la rente pétrolière est gérée par les généraux-décideurs. Ses circuits mafieux de distribution ne dépassent pas le cercle militaire clos. Avec cette rente, ils peuvent montrer patte blanche aux puissants de l'ordre ultralibéral globalisé. Ils peuvent se présenter en garants de leur mainmise sur le sous-sol algérien. Ils peuvent même leur prêter main forte avec le gaz de schiste, quitte à détruire l'environnement écologique et les ressources naturelles en eau douce dans le sud du pays. 

En d'autres termes, ce projet de loi est un acte de haute trahison à la Nation. A elle seule, cette raison suffit pour justifier les appels à une marche dimanche prochain ver le siège du Parlement à Alger ou ce texte sera présenté pour une adoption à main levée par des parlementaires habitués à cet exercice. 

Pour mettre en application, ne serait-ce que les deux projets de loi cités précédemment après leur approbation programmée au parlement, le régime a besoin de tenir son simulacre électoral, le 12 décembre prochaine. Il a besoin de mettre à la Présidence une marionnette de président pour rassurer ses maîtres parmi les puissants du monde, se régénérer, passer les marchés du bradage des richesses du pays et permettre aux généraux-décideurs de touchers leurs commission, à leurs serviteurs d'en ramasser les miettes et à leurs sous-serviteurs le ranger les os qu'en leur jette. 

Pour arriver à leurs fins, ils sont prêts à risquer jusqu'à l’existence du pays ! 

Seulement, le peuple, lui, ne l'entend pas de cette oreille : "Généraux à la poubelle et  l'Algérie sera libre !" scandaient les millions de manifestants dans toute l'Algérie et d'une seule voix, celle d'un pays déterminé à faire de sa mort programmée une nouvelle naissance ! 

Quant aux généraux-décideurs du régime, ils ont déjà leur place dans la poubelle de l'histoire. 

Hacène LOUCIF. 

 

 

 

 

 

 

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