"L'INTELLECTUEL NÉGATIF" RÉCIDIVE !

La dissidence pacifique du peuple algérien a montré qu'il est possible de mener un combat pacifique pour réhabiliter la souveraineté des peuples face à un système globalisé et déshumanisé. Cette réalité fait peur aux tenants du néocolonialisme et de l'israélisme.

 

L'union du peuple, l'ampleur nationale de la Révolution du Sourire, son caractère pacifique et son aura internationale font mal, très mal, aux tenants du statu quo en Algérie, à leurs soutiens néocolonialistes et aux différentes tentacules de l'ordre mondial converti à la haute finance et à la soumission de l'être humain par le système et, pour l'espace méditerranéen, à l'israélisme.

Incapable d'endiguer sa propre crise de renouvellement pour pouvoir faire échec à la dissidence citoyenne et pacifique en cours, le régime tente de mobiliser les antagonismes artificiels entres les différentes appartenances identitaires du peuple pour provoquer sa division, quitte à prendre le risque de plonger le pays dans un conflit fratricide pouvant lui coûter jusqu'à son intégrité territoriale. Pour mener à terme cette sale besogne, le régime algérien peut compter sur l'un des ses soutiens traditionnels : Bernard-Henri Lévy !

Incorrigible, cet "intellectuel négatif" s'est servi de son compte twitter pour essayer de fourrer son nez dans les affaires algériennes.

"En #Algérie, c’est comme une banquise qui se craquelle. Ses tabous s’en vont un à un et, par exemple, celui du sort des Berbères. Voir la jeunesse leur dire sa fraternité et son respect, la voir dénoncer l’interdiction du drapeau #Amazigh (#Zidane, Augustin, etc) quelle leçon !" a-t-il twitté le 25 juin dernier.

Mais, de quoi j'me mêle ?

En fait, BHL est une vielle connaissance du régime algérien. Il connait bien l’ambiance des salons feutrés d'Alger, le service psychologie de l'ancien DRS, la chefferie du commandement militaire, les généraux assassins, corrompus et corrupteurs. Il sait choisir le moment de se montrer pour prêter main forte à ses "amis".

Durant les années 1990, alors que la mobilisation en faveur d'une solution politique négociée en Algérie prenait forme en France et, en parallèle, à l'échelle internationale, ce porteur du mensonge se fait le devoir de mener une campagne médiatique de désinformation et d'intoxication.

Une enquête menée sur un terrain acquis à la thèse du tout-sécuritaire et sous escorte sécuritaire, au mépris de la déontologie du journalisme, portant sur les "choses vues en Algérie" et parue dans Le Monde du 8 et 9 janvier 1998, allait, tout simplement, passer sous silence "la sale guerre" menée par l'Etat-DRS contre le peuple algérien.

"L'intellectuel négatif", c'est le titre choisi par le sociologue Pierre Bourdieu pour son texte dénonciateur des intellectuels et autres agents médiatiques français qui avaient le béguin pour les janviéristes et leurs acolytes, à l'instar de BHL et d'André Glucksman

"Deux articles écrits au terme d'un voyage sous escorte, programmé, balisé, surveillé par les autorités ou l'armée algériennes, qui seront publiés dans le plus grand quotidien français, quoique bourrés de platitudes et d'erreurs et tout entiers orientés vers une conclusion simpliste, bien faite pour donner satisfaction à l'apitoiement superficiel et à la haine raciste, maquillée en indignation humaniste. Un meeting unanimiste regroupant tout le gratin de l'intelligentsia médiatique et des hommes politiques allant du libéral intégriste à l'écologiste opportuniste en passant par la passionaria des « éradicateurs ». Une émission de télévision parfaitement unilatérale sous des apparences de neutralité. Et le tour est joué. Le compteur est remis à zéro. L'intellectuel négatif a rempli sa mission : qui voudra se dire solidaire des égorgeurs, des violeurs et des assassins, — surtout quand il s'agit de gens que l'on désigne, sans autre attendu historique, comme des « fous de l'islam », enveloppés sous le nom honni d'islamisme, condensé de tous les fanatismes orientaux, bien fait pour donner au mépris raciste l'alibi indiscutable de la légitimité éthique et laïque ?" a écrit Pierre Bourdieu.

Pour leur part, dans une contribution publiée par Le Monde du 5 mars 1998, sous le titre " L’Algérie de Bernard-Henri Lévy", l'historien, Pierre Vidal-Naquet et l'ancien directeur des édition La Découverte, François Gèze dénoncent :

"Accompagné tout au long de son séjour par des hommes des forces de sécurité, il n’a pas jugé utile, apparemment, de vérifier les très graves accusations de violations massives des droits de l’homme portées contre le pouvoir algérien. Des accusations dont les sources sont pourtant très facilement disponibles, qu’il s’agisse des enquêtes des organisations non gouvernementales ou des témoignages des courageux avocats algériens qui se battent pour le respect du droit et qu’il ne semble pas avoir rencontrés.

Pourquoi les « choses vues en Algérie » par B.-H. Lévy font-elles l’impasse totale sur la « vendetta d’État » qu’il dénonçait trois mois plus tôt, ou sur les centres de tortures identifiés par la FIDH et Amnesty International, comme le commissariat de Cavaignac, l’école de police de Chateauneuf et bien d’autres ? N’est ce pas lui qui a succombé au « syndrome Timisoara » ? On peut le craindre au vu de l’argumentaire en quatre points qu’il nous oppose."

André Glucksmann n'est plus de ce monde. Mais, "l'intellectuel négatif" est toujours prêt à dégainer, BHL est là pour le rappeler !

Les réseaux de la "françalgérie" et de l'israélisme sont à l'oeuvre. Pour eux, il n'est pas question que le régime cède face à la Révolution du Sourire. En France ou ailleurs, à la moindre dénonciation intellectuelle ou médiatique, le couperet de l'anti-sémitisme tombera !

D'ailleurs, la confusion entre l'appartenance juive et le sionisme a été entretenue pour que cette idéologie fasciste se mette à l'heure de l'israélisme.

Aveuglement haineuse, elle n'a pas épargné l'une des consciences de notre temps, en l’occurrence Edgar Morin. Le 4 juin 2002, l'auteur de "La méthode" cosigne, avec le philosophe Sami Naïr et et l'écrivain Danièle Sallenave un article intitulé : " Israël-Palestine : le cancer".

Paru au journal Le Monde, cet article dénonçait la politique répressive menée par Ariel Sharon, premier ministre israélien de l'époque, contre le peuple palestinien. Il évoque l'étrange paradoxe de la condition historique des tenants de l'Etat sioniste en ces termes :

" Et voici l’incroyable paradoxe, les Juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoïsent les Palestiniens. Les Juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent et persécutent les Palestiniens. Les Juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux Palestiniens. Les Juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité. "

Ce texte vaudra à Edgar Morin et aux deux autres auteurs d'être poursuivis par les associations Avocats sans frontière et France-Israël pour " diffamation à caractère racial " et " apologie du terrorisme", rappelle l' article signé par Louisa Yousfi et paru dans la revue Sciences Humaines, en mai/juin, sous le titre " La cause palestinienne et la question juive".

Dure est cette épreuve qui a incité Edgar Morin à écrire " Le Monde moderne et la question juive". Ce livre, il est fortement conseillé de le lire.

La Révolution pacifique du peuple algérien porte l'espoir de remettre l'Algérie dans le sens de produire sa propre histoire et de servir d'exemple pour libérer les peuples de la domination du système globalisé.

Cette révolution, il appartient aux justes du monde entier de dessiner son sourire sur le visage de l'avenir de l'humanité.

Hacène LOUCIF.

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