L'ALGÉRIE, LES GLUCKSMANN ET LE MONDE.

Les instruments institutionnels de la mondialisation dans sa configuration actuelle ne peuvent rendre viable la solidarité envers les peuples qui se mobilisent pour le droit d'exercer leurs souverainetés respectives.

 

Je trouve sympathiques le dernier tweet de l'euro-député Raphaël Glucksmann sur l'Algérie et ses efforts pour qu'une "résolution d'urgence" soit prise au Parlement européen sur ce qui se passe dans notre pays.

Cela dit, j'aurais encore plus de sympathie pour ce politique, essayiste et journaliste le jour où il se démarquera clairement des positions de son père André Glucksmann, le "philosophe" genre Bernard-Henri Lévy, qui, durant les années 1990, soutenait mordicus la guerre contre les civils qui profitait à la junte militaire.

À l'évidence, les positions du père n'engagent pas forcément le fils. Mais, une clarification de la position du fils sur la politique du "tout sécuritaire" imposée par le DRS au peuple algérien, au prix de 200 000 morts et de 20 000 disparus, ne peut que rendre plus intelligible le sens de sa démarche au niveau du Parlement européen.

Pour rappel, la Silmiya du peuple algérien n'a pas vocation à reproduire les modèles de représentation démocratiques occidentaux qui vivent une crise de légitimité de plus en plus aggravée.

Les instruments institutionnels de l'actuelle mondialisation ne peuvent dépasser leur condition historique. Certes, certains d'entre eux offrent des espaces de débat. Mais, ces espaces sont conditionnés par des lobbys dont la puissance dépasse largement celles des États, aussi influents soient-ils sur l'échiquier géopolitique.

Les intérêts hautement stratégiques des ces États sont intimement liés aux multinationales.

Aux États-Unis, par exemple, on peut avoir affaire au dernier des crétins. Mais, si la puissance financière décide de faire de ce crétin le président de la seule hyper-puissance mondiale, le système politique ne peut que servir à le mettre à la Maison Blanche.

De même qu'en France, on a pu faire d'un ancien banquier qui n'a aucun passé réel de carriériste politique, le 8e président de la Ve république.

Par ailleurs, pour des pays comme l'Algérie et la France, il est nécessaire de sortir du piège historique d'une colonisation qui maintient les peuples de ces deux pays dans leur condition d'otages du syndrome colonial.

C'est dire la nécessité de mettre en place des réseaux de solidarité que pourraient susciter les milieux militants--pas forcément partisans ! - et intellectuels acquis au principe de la solidarité des peuples.

La Révolution pacifique algérienne pose, en même temps, la question du droit des peuples à exercer leurs souverainetés respectives dans les pays anciennement occupés et celle de la crise de la démocratie au niveau des puissances politico-économiques mondiales où l'on a constaté les désastres des différents transferts de souveraineté des États vers les centres financiers du "libre marché".

Le mythe d'une "mondialisation heureuse" ne tient plus !

Les mouvements populaires qui secouent actuellement le monde montrent la nécessité d'aller vers la création d'un ordre mondial des peuples.
Hacène LOUCIF.

 

 

 

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