hommelibre (avatar)

hommelibre

John Goetelen: Auteur de "Féminista: ras-le-bol!", www.atypic.ch.

Abonné·e de Mediapart

593 Billets

0 Édition

Billet de blog 5 mai 2010

hommelibre (avatar)

hommelibre

John Goetelen: Auteur de "Féminista: ras-le-bol!", www.atypic.ch.

Abonné·e de Mediapart

Le «white thinking»: SOS Racisme se tait

hommelibre (avatar)

hommelibre

John Goetelen: Auteur de "Féminista: ras-le-bol!", www.atypic.ch.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je le dis souvent, on n’arrête pas le progrès, nom d’une pipe! Je viens encore d’en avoir la confirmation pas plus tard qu’hier. Une nouveauté vient le sortir: le «white thinking». Le besoin de tout catégoriser a encore frappé.


J’ai tenté d’analyser ce qu’a voulu dire l’auteur du commentaire. Je ne lui ai volontairement pas de mandé de précision, essayant de rendre intelligible un message qui est censé se suffire.
«Raccourci qui fait sa pub»: veut-il dire que c’est un simple exercice de style destiné à valider sa propre efficacité? Ce serait un peu court comme commentaire, et somme toute assez décalé de l’objet du billet qui fait état des viols en masse dans l’est du Congo. Si vouloir marquer les esprits sur un drame humain terrible n’est que faire sa pub, que faut-il de plus? Exhiber une victime en place publique après son agression? Pour dénoncer, faire prendre conscience, éveiller la conscience, former une masse de personnes qui refusent cette barbarie, il faut utiliser les moyens disponibles, chacun à sa manière. L’auteur du commentaire aurait-il le monopole de la bonne façon de dire les choses?
«white thinking»: littéralement: du penser blanc. Ah bon. Un peu bizarre comme concept. Je ne savais pas qu’il existe un penser blanc. C’est génétique docteur? Ca veut dire quoi? Que le blanc a une forme de pensée particulière, et qu’elle est dérisoire (car dans le contexte du commentaire c’est bien cela qui est signifié, me semble-t-il)? Mais alors, il existerait un «black thinking», un penser noir, et aussi pourquoi pas un jaune, un café au lait, et qui bien évidemment seraient plus légitimes et plus vrais que le penser blanc?
Cette notion de penser blanc est une forme de discrimination et de racisme. Mais personne ne s’en est offusqué. Quelqu’un aurait parlé de penser noir, j’imagine le nombre de voix outrées (cela fait bien d’être outré) qui se seraient élevées, même SOS Racisme aurait peut-être déposé une plainte. Là, rien, silence radio.
Mais que fait SOS Racisme?
Et bien enfonçons la porte ouverte: vive le penser blanc, vive la pensée qui s’élève, de quelque manière que ce soit, contre la barbarie et la souffrance. Tout plutôt que le silence sur ces femmes victimes de viols en masse. Même les raccourcis. Et à bas la pensée noire, celle qui veut rendre les blancs responsables de tous les maux de la Terre, celle que même des rénégats blancs, dans leur infinie auto-flagellation, ont adoptée.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.