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Le Club de Mediapart mar. 9 févr. 2016 9/2/2016 Dernière édition

Le fondement de la domination féminine

Pavlov, vous connaissez. Celui qui nourrissait son chien. Ou ne le nourrissait pas, c’était selon. Maltraitance? Non: expérience scientifique. Les jours où il le nourrissait, juste avant, il le conditionnait par des stimuli puis recueillait la salivation de la bête.

Pavlov, vous connaissez. Celui qui nourrissait son chien. Ou ne le nourrissait pas, c’était selon. Maltraitance? Non: expérience scientifique. Les jours où il le nourrissait, juste avant, il le conditionnait par des stimuli puis recueillait la salivation de la bête.

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Ensuite Pavlov lui donnait les mêmes stimuli mais sans le nourrir. Et le chien salivait de la même manière. C’est ce que l’on nomme le réflexe conditionnel.

Et bien l’effet Pavlov est en train de se mettre en place à grande échelle. De plus en plus, quand on voit ou pense à un homme, on pense à domination masculine. Hier encore la Tribune de Genève relayait ce conditionnement.

Un article d’Anna Vaucher présentait un livre d’une historienne, Yvonne Knibiehler: «La virginité féminine. Mythes, fantasmes, émancipation.» Selon cette historienne la virginité de la femme est un fantasme masculin. Et là, crac, elle envoie le stimulus: «Au fond, elle a toujours été un moyen pour l’homme de s’emparer de la femme, de contrôler son corps. (...) C’est d’une certaine manière le fondement de la domination masculine.»

Vous reprendrez bien un peu de stéréotype sexiste?

Il y a du Pavlov dans le corps de cette historienne: la supposée domination masculine sert à tout. La pensée féministe n’est plus un chemin original, c’est une autoroute pleine de poncifs. C’est la Féminista.

Ce poncif, ce stéréotype est un peu court pour expliquer la virginité. Laquelle virginité a été défendues par de nombreuses femmes aussi et a pris une place importante dans la culture.

Avant la contraception, la virginité jusqu’au mariage était une sécurité pour les femmes. Les enfants hors du mariage n’avaient en général pas de statut et les hommes n’étaient pas engagés socialement et juridiquement comme ils l’étaient après le mariage. A une époque où la famille formait encore la cellule de base de la société, et où le mariage était le point de départ social de ladite famille, cela avait probablement du sens. Aujourd’hui, mariage, famille, virginité n’ont plus autant de valeur, mais on ne peut analyser le passé avec le regard d’aujourd’hui.
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La virginité était aussi le signe de la vertu et de l’honneur d’une femme, et de sa capacité à sélectionner l’homme avec lequel elle reproduirait l’espèce. On avait plus d’attentes sur la vertu par les femmes que par les hommes. Considérait-on les hommes comme incapables de vertu pour en attendre si peu de leur part?

Revenons au fantasme masculin et au poncif de la supposée domination masculine, qui est une entreprise pavlovienne de conditionnement de la société. Si cette théorie était vraie elle supposerait que la femme soit forcément soumise. Triste et sombre image victimaire de la femme véhiculée par la Féminista. Mais, admettons l’hypothèse d’un fantasme principalement masculin. Quel pourrait être alors le fantasme féminin équivalent? Bien des femmes m’ont dit apprécier que l’homme n’ait eu que peu de relations avant elles. Certaines se sentent valorisées par la virginité masculine. Mais il y a un autre fantasme féminin, fort, presque absolu: la fidélité masculine.

Les femmes dans leur écrasante majorité veulent des compagnons fidèles. Est-ce une animalité possessive ou un fait culturel? Est-ce une crainte que le compagnon ne divise l’héritage ou ne nourrisse pas assez ses enfants? Qu’il n’ait plus assez de temps pour elle?

On a pu lire nombre de commentaires dans les médias sur l’attitude d’Anne Sinclair. En gros elle a été traitée de paillasson, de faible, de soumise parce qu’elle n’a pas jeté son mari quand il l’a trompée.

La plupart des femmes trompées rompent la relation de couple. Leur orgueil de femelle est atteint, mais pas seulement. La fidélité masculine est leur victoire sur un animal réputé volage. Savoir se faire obéir de l’homme sur ce sujet est leur fierté.

C’est aussi leur manière de posséder l’homme, de s’approprier de leur corps. «Homme, tu es à moi, et à cette condition je te garde.»


Si l’on peut affirmer comme le fait Yvonne Knibiehler que la virginité féminine serait le fondement d’une hypothétique domination masculine, alors on peut affirmer avec la même certitude tranquille que la fidélité masculine est le fondement de la domination féminine.

 

 

 

 

Pour continuer le débat:

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Tous les commentaires

Sur le fond assez d'accord avec vous le féminisme outancier le machisme carricatural n'ont aucune raison d'être défendus.

Dans le cadre du patriarcat ancien beaucoup de femmes ont pu exprimer tout leur talent et leurs qualités et pour les hommes la situation n'était pas forcément facile

. Le problème aujourd'hui c'est que ça ne marche plus, pour les raisons expliquées plus haut, il faut réinventer de nouveux rapports et c'est ce qui est passionnant pour un homme quand on aime les femmes.

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L'auteur

hommelibre

John Goetelen: Auteur de "Féminista: ras-le-bol!", www.atypic.ch.
Genève - Suisse

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