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Billet de blog 14 février 2012

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Amours usées à revendre

Si vous êtes la femme ou l’homme d’un seul amour depuis le début de votre vie, vous êtes une exception. Si comme la majorité vous avez aimé plusieurs fois et vécu plusieurs relations importantes vous avez peut-être gardé des objets des anciennes histoires. Ces objets peuvent avoir de la valeur. Valeur marchande, s’entend.

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Si vous êtes la femme ou l’homme d’un seul amour depuis le début de votre vie, vous êtes une exception. Si comme la majorité vous avez aimé plusieurs fois et vécu plusieurs relations importantes vous avez peut-être gardé des objets des anciennes histoires. Ces objets peuvent avoir de la valeur. Valeur marchande, s’entend.

Pour cette raison un site propose de mettre en vente les bagues, cadeaux divers, robe de mariée liés à vos anciennes amours. Une manière de finir de rompre et de liquider ses anciennes relations, paraît-il.
Cette pratique peut choquer ou au contraire trouver une justification. Personnellement je trouve difficile de transformer en argent un objet qui est porteur d’affect. D’autres n’y voient qu’une sorte de continuité des dots anciennes. Ce qui est offert peut servir, en cas de revente, à payer des charges imprévues.
Ou à faire mourir deux fois une relation. On sait qu’en amour - surtout en désamour - tous les coups sont permis. Je suis toujours étonné de notre capacité à brûler ce que l’on a adoré. Comment cet être si beau, cette personne si émouvante, devient-elle cet épouvantail disgracieux? Comment l’objet de notre intense désir devient-il objet d’un intense rejet? Disons que cette versatilité fait partie du charme de l’humain... ou se sa cruauté naturelle.
Mais bon, chacun mène sa vie comme il l’entend.
Et ceux qui veulent vendre leur bague avec émeraude en même temps que leurs résidus affectifs sont maîtres chez eux.


Par contre je me demande ce qui se passe dans la tête de l’acheteur ou de l’acheteuse. Acquérir une pièce de valeur provenant d’un couple qui s’est défait, est-ce bien raisonnable? Ne risque-t-on pas d’endosser inconsciemment les scories, les postures négatives, les mécanismes d’échec, la déception ou la colère, voire la vengeance de la personne qui vend? Non que la pièce soit chargée d’une magie - quoique. Mais notre esprit a accepté que cet objet soit porteur potentiellement de tout cela. L’objet représente matériellement cette fin douloureuse.
Notez qu’il n’a a pas besoin de cela pour casser son couple. Nos propres mécanismes affectifs y pourvoient généreusement. Offrir une bague neuve n’est pas une garantie que nous sommes lavés de nos propres processus d’échec. Et puis nous achetons bien des antiquités ayant appartenu à des personnes que nous ne connaissons pas.
Par contre, acheter une robe de mariage appartenant à une autre femme... là non. Une robe de mariage doit être neuve. Comment porter un habit aussi symbolique dans lequel une autre femme a été comme une étoile, admirée, désirée, vue si belle, portant tant d’espoirs?
Ça, jamais. La mariée est unique. Toujours.

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