J’arrête Mediapart

Mon abonnement arrive à son terme dans quelques jours et je ne le renouvellerai pas. Après 3 ans (première inscription en 2008, puis interruption, puis reprise) j’ai fait le tour. Le journal MDP propose parfois quelques réflexions intéressantes mais je suis très distant des parti-pris d’Edwy Plenel et du clivage acharné alimenté et labouré par ce média.

Mon abonnement arrive à son terme dans quelques jours et je ne le renouvellerai pas. Après 3 ans (première inscription en 2008, puis interruption, puis reprise) j’ai fait le tour. Le journal MDP propose parfois quelques réflexions intéressantes mais je suis très distant des parti-pris d’Edwy Plenel et du clivage acharné alimenté et labouré par ce média.



Je suis un libéral par amour de la liberté, et ici je ne vois aucune analyse objective du libéralisme. Il semble n’être qu’un épouvantail ou un bouc émissaire. Cette position n’est pas correcte intellectuellement.

En ce qui concerne les blogs j’ai accepté pendant ces années que la direction de MDP garde le pouvoir sur par exemple les statistiques ou sur la possibilité d’effacer nous-même des insultes, bien que ce soit nous qui payons. J’aurais aimé savoir qui je touche. A part les commentaires, loin d’être représentatifs, je n’en saurai rien. Je ne donne plus ce pouvoir à la direction.

J’ai rencontré quelques blogueurs que j’apprécie, avec qui nous pouvons être en désaccord sans tomber dans l’insulte, l’exclusion ou le procès d’intention, mais il y en a trop peu à mon goût. J’y ai parfois mal réagi, j’ai tenté d’ouvrir d’autres portes de réflexion que celles de la pensée dominante, mais j’y renonce aujourd’hui. Chacun son clan. L'ouverture intellectuelle des années 60-80 est finie. Il reste quelques lumières de la pensée: Morin, Girard, mais leur voix n'est guère audible. Pour les vrais débats (si ce mot signifie encore autre chose que d’asséner des vérités définitives à tour de rôle comme des invectives) ce sera pour dans mille ans. L’arrogance intellectuelle étouffe la vraie pensée.

Ceux et celles qui ont envie de me lire ou de me faire lire leurs propos peuvent m’envoyer un lien vers un autre blog - je sais que certains en ont et je ne les ai pas tous notés en mémoire. Pour ma part mon blog principal est ici sur le portail de la TdG.

J’y fête aujourd’hui mes 4 ans de blog et j’y consacre un billet spécial que je reproduis ci-dessous.

Je reproduirai encore quelques billets pour les jours d’abonnement qui restent, puis cela s’arrêtera. Je prends donc déjà congé de ceux et celles avec qui j’ai partagé de vrais bon moments et des échanges intellectuels plus pointus que la moyenne.

"4 ans de blog, 30'000 commentaires, et des paroles de filles

Le 16 mai 2008 j’écrivais mon premier billet. C’était à propos d’une manifestation de pères à Berne. Invité par M. Mabut à tenir boutique sur la plate-forme j’ai très vite pris goût à la chose. J’aime écrire, j’ai une certaine facilité à le faire, du moins en ce qui concerne ces billets assez courts.

 

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Après 2355 notes, je fais aujourd’hui un peu d'autocongratulation parce le 30’000ième commentaire est venu lundi soir sous un billet auquel j’accorde une place spéciale. Il s’agit de:

«Père absent, la souffrance des filles».

J’ai réalisé avec ce billet combien un blog pouvait être un espace d’expression. J’ai lu les commentaires de ces femmes et ces filles, qui parlent de leur père absent avec tendresse, avec colère, avec douleur, jamais avec sérénité. J’ai été touché par leurs mots et ce qu’ils disent d’elles.

Dans ce billet, et encore trois ans après sa publication, je réalise combien les pères, les hommes, sont devenus des chaînons manquants dans la transmission de valeurs et de la gestion de soi. Ils sont pourtant l’un des deux piliers fondamentaux dans la structure familiale, celle qui pose les bases de l’éducation et de l’entrée dans le monde. Je dis aux pères et aux hommes: prenez votre place, assumez cette belle responsabilité d’être père. Ecoutez vos filles et vos fils. Le monde a besoin de vous. Et je dis aux mères, dont la légitimité est si forte parce que l’enfant vient de leur ventre: les pères ne se font pas sans vous. Contribuez à ce qu’ils prennent leur place. Ils ont besoin de vous pour cela, pour ne pas avoir à la prendre par la lutte à cause de quoi la famille deviendrait un champ de bataille. Ou à l’abandonner et à laisser des ruines derrière eux.

Et je dis aux filles, mais aux fils aussi: on ne sait pas ce qui se passe dans le coeur et la tête des pères absents, parfois inconséquents, parfois rejetés. N’hésitez pas à aller vers eux quand c’est encore possible, et à insister: ces blessures d’abandon ne guérissent pas vite. C’est votre droit de fille et de fils d’aller vers vos pères. Parlez de vous, de vos besoins, de votre vie. Vérifiez qu’ils vous entendent. Soyez créatives et créatifs dans la réparation: le bulldozer n’est pas forcément la meilleure méthode de retrouvailles.

Et si aucune réparation n’est possible alors créez votre vie comme vous auriez souhaité la vivre. Rien n’oblige à reproduire la blessure d’abandon. C’est aussi cela la résilience.
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Sur ces quatre ans j’ai aimé la liberté dont je me suis bien servie. De la chronique du volcan islandais aux confins de l’espace en passant par le loup, du rire au sérieux, du profond au léger, du social au personnel, de la polémique provocatrice à la tendresse, de l'excision à la lapidation, des stéréotypes aux fausses accusations, des femmes aux hommes, du décalé au frontal, de la poésie à la colère parfois, d’Edgar Morin à Hélène Grimaud, de Loïc Sécher au martyr d'Oksana, j’explore, j'effleure, je creuse ou exprime de nombreux champs du vécu. Nul besoin d’être toujours le même. Etre égal à soi-même ce n’est pas être uniforme dans ses curiosités ni dans son expression: c’est être fidèle à ses principes, dans le sérieux comme dans l'humour et dans toutes ses facettes. Je dois dire qu'étant quelqu'un de sérieux dans mon travail, j'aime parfois me lâcher un peu sur le blog.

«N’être qu’un, oui, mais lequel?»


Cette phrase d’Alphonse Allais reste pour moi d’actualité. La liberté n’est pas simplement un état abouti. C’est aussi un chemin vers, un travail sur soi, une intention, et une jauge pour me mesurer. Et la liberté c'est aussi de vivre ses différentes facettes, ne pas s'enfermer dans une seule.

Je remercie celles et ceux qui me font l’honneur de m’accorder leur intérêt et leur fidélité. Pour moi le succès est comme l’amour avec une femme. Ce n’est n’est jamais un dû: c’est un cadeau, c’est une grâce.

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Je ne regrette à aucun moment les 90 à 120 minutes quotidiennes passées sur mon blog, parfois tard le soir, souvent tôt le matin, ou lors de pauses dans la journée. Ecrire des billets sur l’actu, sur la vie, sur la poésie est un bon exercice pour travailler son style. Reserrer un texte ou le développer, être allusif ou explicatif, sortir l'artillerie ou le drapeau blanc, jeter à la poubelle, premier ou deuxième degré, tout y passe. J'ai aussi eu mes satisfactions d'amour-propre comme quand j'ai reçu 4'000 ou 5'000 visites en un jour, voire une fois plus de 8'000.

Pour ceux et celles qui me suivent depuis longtemps, comme je n’y suis pas revenu depuis un certain temps: ma santé va aussi bien que possible après mon opération. J’irai aussi loin que mon corps le voudra comme vivant. Après, c’est chacun son tour. Professionnellement, suite aux événements passés et au cancer, je dois me refaire une autre vie. On ne choisit pas qu’une tuile nous tombe sur la tête. Mais quand cela arrive il faut se relever et vivre avec. Côté créativité, j’ai un nouveau roman en retouche, et deux autres projets à venir. Et en principe au début de l’été, je sors sur iTunes mon album numérique 12 ou 14 titres, dont je réaliserai moi-même une petite série sur support matériel. Je passe bientôt en studio chez le musicien qui peaufine les arrangements.

Et j'ai encore d'autres rêves.


Et voilà. A la suite!


John Goetelen, alias hommelibre."

 

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A lire: Féminista

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et toujours à lire, Le Diable en été (roman)

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