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Billet de blog 16 juin 2010

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La banane tue. Le cancer aussi. Quand à la connerie...

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Il y en a qui n’ont vraiment pas d’humour. Mon dernier billet sur la banane de droite m’a valu une remarque sur les gens de gauche. Ils ne parlent que de catastrophes, sont dépressifs chroniques, pessimistes, et tentent par tous les moyens les plus inavouables, déloyaux et sordides de vous tirer des larmes et de vous culpabiliser.
Ainsi cette remarque: «Quiconque est de gauche aurait parlé des conditions de travail dans les bananeraies et de l'utilisation mortifère de pesticides cancérigènes ayant provoqué la mort de milliers de travailleurs et enfants antillais...»
J’apprends avec bonheur qu’il y a des pesticides cancérigènes. Je dis: avec bonheur, car cela signifie qu’il y a des pesticides non cancérigènes. Je dois reconnaître que les pesticides cancérigènes sont dérangeants. Le cancer, y gène. Imaginez une belle grosse tumeur de la prostate, un melon, que dis-je un melon: une pastèque! Essayez donc de mettre un boxer avec cette appendice rondouillard débordant entre les jambes: n’importe quelle femme que vous tenteriez de séduire vous demandera si l’accouchement se passe bien... Ne pouvant plus vous permettre de séduire, vous déprimerez, et finirez par vous flinguer. Ce qui est terrible dans la pastèque de la prostate c’est que la dépression qui lui est associée tue plus que la tumeur.
Et cela, on ne le dit pas assez. Mais que fait la gauche? Qu’attend-elle pour mettre à la une ce thème au désespoir flamboyant, à la noirceur hospitalo-romantique, et dont l’injustice ne saurait échapper à personne: le cancer de la prostate est profondément inégalitaire. 100% d’hommes atteints ont tenté leur chance. Mais pas une femme! C’est un scandââââle, une honte, un sexisme insoutenable. Qu’attend-on pour dénoncer pareille discrimination? Je propose de descendre dans la rue et de revendiquer le droit au cancer de la prostate pour les femmes.
Ah ça, mais...
D’ailleurs, on devrait aussi revendiquer le droit au cancer de l’ovaire pour les hommes. Les hommes sont des poètes, le cancer aux vers leur est donc normalement destiné.
Mais bon, revenons aux bananes et aux milliers d’antillais qui meurent des pesticides dont on asperge les bananeraies. «Quiconque est de gauche...» en parlerait. Parce que la droite n’en parle pas. C’est normal, la droite n’a pas de cancer. On a décidément la droite la plus chiante du monde: elle n’a pas la plus petite tumeur. Elle fait semblant pour être à la page. Mais en vérité, rien. C’est incroyable mais vrai: les hommes et les femmes de droite ont le rhume des foins, l’arthrite, l’acné rosacé, et ne connaissent même pas le mot cancer. Ils ne peuvent logiquement en parler. Ils y a là un business potentiel: vendre des embryons de tumeurs de la prostate aux gens de droite. Avec l'implantation, le suivi et l'accouchement, cela doit bien faire 10'000€ par cas. Le marché potentiel est de plusieurs dizaines de milliards. Il faut rapidement coter en bourse les embryons de tumeurs.
Quand aux humoristes, à part Desproges que je salue ici, et à part De Gaulle, pas un qui ne puisse s’enorgueillir d’avoir fait un bon cancer. Coluche n’a rien su faire de mieux que de vouloir péter le phare d’un camion qui l’éblouissait en plein jour. Quel con. La connerie tue, pas de doute.
J’en reviens à la banane. Dorénavant il ne sera plus permis de rire de la banane: un «Quiconque de gauche» viendra faire la leçon et la morale pour vous ôter toute envie de rire, n’hésitant pas pour ce faire à marcher sur les cadavres des antillais. Plus permis de rire du cancer: un «Quiconque de gauche» en appellera au respect de la mémoire de Mitterrand, ce grand président qui était très à l’écoute. A l’écoute de certains plus que d’autres, d’ailleurs...
Conclusion: les pisse-froids vont encore nous pomper l’air. Ils viendront avec leur morale dégoulinante, leurs culpabilisation assassine, et l’autosatisfaction ventrue de celui qui a donné ostensiblement à la quête.
Dorénavant, plus permis de rire à part des histoires de Toto.
Par exemple, plus permis de rire des gens de droite.
- Ah mais si, ça alors!
- Et des gens de gauche?
- Non, ça c’est de l’islamophobie.

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