Non seulement bien sûr, mais indubitablement et définitivement. Ca ne se discute pas, ne se conteste pas, ne se critique pas. C’est comme ça: je suis macho. Point barre.
Je me suis un peu penché sur ce mot comme une fée sur le berceau d’un muscle nouveau-né, j’ai sondé les abîmes insondables de l’identité, j’ai même comparé les définitions. Et j’arrive à une seule conclusion: le macho est un mâle, du genre masculin, un homme quoi! Et étant un homme, je suis un macho, forcément - au sens italien et espagnol du terme (très pratique la traduction en ligne espagnol-français et italien-français).
Et bien j’avoue être soulagé. je peux enfin m’affirmer macho sans avoir immédiatement d’un côté la demi foule hurlante des groupies qui veulent un mâle, un vrai, un dur très musclé, un de ceux qui ne sourient jamais, les cheveux noirs gominés (je déteste la gomina), un de ceux qui ne font pas de compliments et qui sont posés sur le piédestal de leur musculance dominatrice et protectrice - l’homme-objet idéal. Et de l’autre la deuxième demi-foule de non-groupies tout autant hurlantes, cassant la magnificence de mon état d’homme, soupçonneuses des pires intentions, analysant chaque attitude et geste à l’aune de la méchanceté native du mâle qui passe l’aspirateur avant même qu’on lui demande pour ne pas subir les reproches de leur gorgone, cette demi-foule qui ne veut que des malingres et introvertis faciles à dominer (ha, j'ai bien compris l'enjeu!!!...).
Je peux être un macho, librement, tendrement, fermement, caractériellement, gentiment, lâchement, honteusement, fièrement, fidèlement, parce que je suis en effet un macho: un homme.
Ah, les clichés!
Les hommes seraient ou des caricatures de muscles sans intelligence, ou des intellos vaguement sensibles et dont la libido est soigneusement verrouillée - à part un regard furtif sur les bas de dos quand ces dames ne les regardent pas. Ah, la gymnastique oculaire des introvertis! Ils ne risquent pas le glaucome comme les extravertis aux yeux fixés sur la poitrine des dames même quand elles leur parlent de Vivaldi et de la Chapelle Sixtine.
Fichtre! Les hommes ne seraient-ils réduits qu’à un espace identitaire si restreint? Comme les femmes qui ne seraient que mère ou putains, les hommes ne seraient que gros machos sourds et bêtes ou romantiques eunuques? Je crois que la guerre des genres a quelque peu rétréci le champ de vision intellectuelle des détracteurs-trices du macho.
Non, non, je le dis ici bien fort: les hommes, les mâles (car les hommes sont des mâles du genre masculin) sont des machos multiples: sensibles, audacieux, forts, fragiles, incertains, solides, silencieux, volubiles, déterminés, doutants, autoritaires, soumis, leaders, partenaires, attentifs, aveugles, etc. etc.
Les hommes sont tout cela et bien plus encore. Il y en a pour tous les goûts car ils sont multiples.
Que l’on cesse donc enfin cette rage et cette culpabilisation contre les machos, et que chaque femme trouve le macho (l’homme) qui lui convient. Machos de tous les pays, unissez-vous, ne vous laissez plus niveler, généraliser, enfermer, dévaloriser. Etre macho, c’est bon, c’est bien, c’est beau, c’est splendide, c'est magnifique.
Vive les machos, les vrais: les hommes!