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Billet de blog 17 juillet 2010

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Le Jugement dernier

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Voilà un mythe qui engendre de la terreur. Le jour du Jugement dernier est celui supposé où tous les hommes devront rendre compte devant Dieu de ce qu'ils ont commis durant leur vie sur Terre. Comme si nous allions être payés de nos fautes, erreurs, petites et grandes vilenies.


Et, ce jour là, il n'y aura plus de sommeil. Les regards seront fixes, la tête rejetés en arrière, les yeux horrifiés, le coeur affolé.»
La Bible joue aussi sur le registre de la peur, la punition et la récompemse. Selon Daniel 12:2: «Et plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour les opprobres et pour l'infamie éternelle».

Ces visions de la fin du monde sont donc de nature à faire peur, très peur, à horrifier même. C’est leur but et leur marque de fabrique: Dieu va punir les Hommes qui n’auront pas été gentils, car il sait tout de chaque seconde de notre vie. Petite parenthèse: ces peurs sont de nature à susciter des vocations de prophètes du malheur et de justiciers, pour tenter de passer du bon côté de la force.
Cela joue non seulement sur la peur mais aussi sur la culpabilité naturelle de l’humain. Je crois que les humains ont un sens inné du bien et du mal et de la justice. Ainsi nous savons intimement quand nous sommes victimes et quand nous sommes bourreaux. Nous pensons souvent du bien, mais aussi du mal. La plupart du temps c’est sans gravité: nous ne sommes pas amenés à passer à l’acte et à nuire réellement, matériellement à l’autre. Il n’y a pas de raison de garder cela en compte. Ou alors il faut aussi tenir en compte les pots de confiture que, gamins, nous avons vidés, ce qui était mal puisque nous avons désobéi à l’autorité parentale et que la Bible nous demande de respecter notre père et notre mère.
Cela m’amène à constater que dans cette vision du Jugement dernier et de Dieu, nous attribuons à Dieu des comportements très humains: punir, faire peur, garder tout en mémoire. C’est la figure parentale autoritaire classique. Si Dieu est amour, cette conception de l’amour est ambiguë car c’est de l’amour-domination. C’est-à-dire le contraire de l’amour. Pas d’égalité ni de réciprocité dans cet amour-là. Nous sommes dans une vision anthropocentrique de Dieu: nous lui prêtons des intentions et comportements humains. Et puis à quoi bon être gentil si Dieu peut être si méchant! Ce Dieu-là est fabriqué sur le modèle des tyrans humains.
Il faudrait réécrire le jour du Jugement sur un mode totalement différent. J’imagine Dieu nous attendant avec un sourire d’une infinie bienveillance. Par cette bienveillance il nous fait réaliser à quel point nous avons fait parfois fausse route, si c'est le cas. Par son réel amour de qui nous sommes il nous éveille à une réparation, à présenter nos excuses les plus sincères et notre contrition profonde pour le mal que mous avons fait. Il nous incite à pardonner une fois pour toutes le mal qu’on nous a fait.
Le jour du jugement devrait être le jour du Pardon, un jour de libération, de joie et de bonheur, pas un jour de condamnation. Pas un jour d’angoisse et de peur.

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