Un seul biiiiiiiip. Un long, long biiiiiiiiiiiiiip. Comme on en voit dans les séries à la télé avant que le bon Dr House ne vienne en sauveur. Mais par de Dr House ici. On a plutôt l’impression d’un monstre, d’un Frankenstein à 11 têtes fabriqué de bric et de broc pas un médecin fou défroqué, et qui agonise tristement sous nos yeux. Le coeur n’y est plus depuis un moment. S’il y avait encore du coeur dans cette équipe.
Tristesse, oui. Pas d’imprécations ou de colère aujourd’hui, de toutes façons la messe est dite et redite. Après la messe et ses grandes envolées, c’est l’apéro au café du coin, où l’on refait le monde en sachant que le monde est déjà passé à autre chose et que rien ne se refera.
Bien sûr Domenech est méga space. Sa dernière sortie a été de ne pas serrer la main de l’entraîneur sud-africain, et d’esquiver complètement la question en interview:
«- Vous avez salué vos joueurs un par un, mais pas M. Parreira, le sélectionneur de l'Afrique du Sud...
- Moi, j'avais envie de saluer les joueurs. Se retrouver à dix, dans le contexte et revenir... C'était bien de les saluer, c'était la fin d'une aventure avec eux. C'est le seul moment où je peux les saluer car, après, tout le monde se disperse. C'était important de dire que j'avais compris ce qu'eux avaient vécu. Ils ont essayé de tout donner. En marquant ce but, ils avaient fait un pas.
- Vous n'avez pas répondu pour Parreira...
- Est-ce qu'il y a une autre question ?»
Fidèle à lui-même, clown triste et confus. J’imagine la profondeur du sentiment d’échec qu’il doit ressentir. Comment va-t-il rebondir après une telle humiliation en public?
Quant aux joueurs, là encore il n’y a plus grand chose à ajouter. Assez déliré, assez joué aux cow-boys au lieu de jouer au foot. Cette équipe pourtant aimée dans le passé, enthousiasmante parfois, est cette fois morte et bien morte. Un long biiiiiiip remplace toute vaine parole. L’état de mort clinique ne se commente pas: il se constate.
Bien sûr le monde ne s’arrête pas pour autant. D’autres joueurs payés autant viendront remplacer ceux-ci, et d’autres Domenech apparaîtront, d’autres Escalette, vieux bonze hors service donneront leur confiance à des incapables, parce qu’eux-même incapables. Ah, le psectacle de ce bonze en conférence de presse: lui c’est l’électroencéphalogramme qui est plat.
Voilà. Tout le monde rentre à la maison, tout en encaissant quand-même les primes de premier tour, alors que là ils devraient être sanctionnés. Mais on sait que dans certains domaines on est payé même quand on perd.
Les perdants vont rentrer dans leur Bentley, leur Aston Martin, leur Ferrari. Pauvres gars perdus dans la perte de tous repères sportifs, mais accrochés au moins à leur compte en banque comme dernier bastion d’une cohérence minimale.
Un long biiiiiiip.
Et puis plus rien.