Et voilà. La France a plié devant les femrads d’Osez le Féminisme. Le mot « Mademoiselle » va disparaître. Il serait discriminant. Mais au vrai sens du terme qui est de différencier avec à-propos, non de subordonner. Et c’est normal puisqu’il désigne initialement deux situations sociales différentes, soit le fait d’être ou non mariée. Cela correspondait à un rite de passage social.
Mais alors pourquoi les hommes n’ont qu’un seul mot : « Monsieur » ? Oh, il est fréquent d’appeler « Jeune homme » un homme jeune. Mais un homme marié, même à 18 ans, devient un « Monsieur », comme une demoiselle devient « Madame ». Anciennement le mot « Damoiseau » était le pendant de « Damoiselle ». J’ignore pourquoi l’usage s’en est perdu. Les demoiselles d’antan étaient supposées pucelles. Vrai ou pas, peu importe aujourd’hui où le mot a évolué vers un sens plus large.
Bref, le groupuscule de féministes à cervelle d’oiseau, ou d’oiselles (dame !) fait plier sans peine un pouvoir aux ordres avec son diktat. Mais ce n’est pas spécifique au gouvernement actuel. A gauche comme à droite ils feront pareil. SakHoll® est la même marque de fabrique : la soumission aux femrads. Plus aucun débat sur le sujet : seulement un Amen.
Pourtant ce mot « Demoiselle » ou « Mademoiselle » porte une grâce délicieuse, un rêve, une danse particulière. Il n’enlève rien à « Madame », il ajoute simplement une touche de douceur pétillante. Et cela à n’importe quel âge : c’est fou le charme de dames plus âgées qui revendiquent l’appellation « Mademoiselle », comme de vieilles profs célibataires qui ont gardé fidèlement leur idée de la vertu contre vents et marées.
Le modernisme a parfois des allures de rouleau compresseur. C’est vrai qu’avec Osez le féminisme, les mots « grâce » et « rêve » ont eux aussi disparu du langage courant.
On politise, on continue à politiser tout ce qui touche de près ou de loin aux femmes et aux hommes. Pour être politiquement correct faudra-t-il renommer le tableau de Picasso : « Les demoiselles d’Avignon » (cliquer pour agrandir) ? Faut-il brûler le film « Les demoiselles de Rochefort » ?
Et la Grottes des Demoiselles, ancienne Grotte aux Fées au bord de l’Hérault, deviendra-t-elle la Grotte aux Madames ou faudra-t-il la murer ? Les demoiselles d’honneur disparaîtront, engloutie dans le déshonneur d’une appellation devenue maudite par la seule volonté politique d’un groupuscule gauchiste qui fait la loi en France.
Les Demoiselles de Theüs, ces piliers de roches calcaires surmontées d’un rocher que l’on
trouve dans la région de Gap, seront décapitées à coups de pioches. Quant au Grand Cru des Côtes-de-Beaune « Les Demoiselles », il faudra le boire jusqu’à la lie dans cet hallali qui sonne la chasse aux restes de pucelage.
Il faut aussi brûler le CD qui contient « Mademoiselle » de la chanteuse Berry. L’autre chanteuse, Mademoiselle K, sera pendue haut et court après examen gynécologique, même si ça la vexe. Et pour le parfum « Mademoiselle » créé par la traîtresse Coco Channel, on y mettra de l’eau bénite pour effacer le péché de genre.
Le plus triste sera de rayer du répertoire la chanson de Murray Head, Mademoiselle. Mais il faut espérer que d’irréductibles gauloises garderont l’usage du mot, et en feront un emblème de la résistance et de l’indépendance d’esprit face au rouleau compresseur de la pensée unique.
Il est possible que les titres disparaissent peu à peu. Même le Monsieur et le Madame se raréfient.
Ici je regrette que ce soit par la contrainte plus que par l’usage. On ne peut plier la langue au désir d’un groupe. Si l’argument était de simplifier l’administration je comprendrais mieux.
En fait pour moi, Mademoiselle est un titre du même type de la mention Célibataire. Je n’y vois pas de discrimination. Historiquement le mot Demoiselle ou Mademoiselle est riche de plusieurs définitions successives depuis des siècles. J'accepte que l'on veuille simplifier l'administration. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la raison ici. D'autant moins qu'est prévue une manif le 6 mars pour demander le changement de la règle d'accord de genre des adjectifs. Il paraît que l'accord sur le masculin est une expression de la domination masculine. On pousse le bouchon. A force de le pousser il va revenir.