Care: le bonheur obligatoire, ou la progression de l’Etat-Mère

Si vous n’êtes pas encore familier avec le mot «care», c’est de l’anglais. C’est un mot qui a plusieurs sens. On peut citer comme traduction: le soin, la prise en charge, s’occuper, prendre soin de, se charger de, et contient aussi les aides thérapeutiques et plus loin la notion de souci.

Si vous n’êtes pas encore familier avec le mot «care», c’est de l’anglais. C’est un mot qui a plusieurs sens. On peut citer comme traduction: le soin, la prise en charge, s’occuper, prendre soin de, se charger de, et contient aussi les aides thérapeutiques et plus loin la notion de souci.

 


care.gifPar contre on voit immédiatement le bond en avant que cette théorie va faire faire à l’assistanat. Rien de changé à gauche! Vous n’êtes pas responsables de votre malheur, c’est la méchante société masculine-capitaliste qui vous en veut, vous êtes irresponsables, l’Etat va donc être responsable pour vous et va s’immiscer de plus en plus dans votre vie privée.
On peut aussi pressentir les dégâts de la société des sentiments: la dictature de l‘émotion, déjà très répandue, deviendra la norme. On n’évaluera plus selon des critères objectifs mais selon les sentiments. Toutes les interprétations sont possibles. Si c’est cela la société féminisée, alors vive la société masculine! Tiens, dans les idéogrammes chinois, le bonheur est de genre masculin, comme en français.
Avec la loi objective, au moins rien n’était imposé par l’Etat en matière de bien ou de mal. Avec le «prendre en charge» et les sentiments, tout choix pourra contrevenir aux goûts et aux représentations du bonheur des uns ou des autres. Cette subjectivisation de la société, porte ouverte à tous les délires au sens propre car sans repère fixe et durable, sera compensée par l’Etat et sa bienveillance. L’Etat maternant creuse son lit et la dictature "douce", celle qui rogne les ailes de l'indépendance et de la responsabilité individuelle, progresse.
Car le but de ce féminisme qui tape sur le masculin sans que personne n’ait le courage de s’y opposer est bien là: imposer peu à peu une société matriarcale et maternante, déresponsabilisante, surveillée par l’Etat-Mère.

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