La Revue « Egypte »

 Les lecteurs qui s’intéressent à l’égyptologie se demandent souvent quelle publication française pourrait leur apporter, au-delà du sensationnel sans lendemain, des informations sérieuses et des synthèses sur les découvertes anciennes ou récentes de l'égyptologie.

Couverture du numéro 68. © Centre d'égyptologie Couverture du numéro 68. © Centre d'égyptologie

 

Les lecteurs qui s’intéressent à l’égyptologie se demandent souvent quelle publication française pourrait leur apporter, au-delà du sensationnel sans lendemain, des informations sérieuses et des synthèses sur les découvertes anciennes ou récentes de l'égyptologie.

 

Or une telle revue existe. Elle se nomme : Égypte Afrique & Orient. Elle est publiée par le Centre d'égyptologie, une association basée en Avignon, mais dont les activités s’étendent à la Provence et à une partie du Languedoc. La revue, dirigée depuis sa création en 1996 par Thierry-Louis Bergerot, est disponible seulement par abonnement annuel. Mais on peut en trouver également des exemplaires à la boutique RMN du Louvre et dans quelques rares librairies spécialisées en archéologie.

La parution est trimestrielle. Chaque numéro est consacré à un sujet décliné en plusieurs articles, tous rédigés par des spécialistes, c'est-à-dire des égyptologues confirmés et des doctorants, français ou francophones. Les textes sont d’un bon niveau intermédiaire, compréhensibles par tous les amateurs et les étudiants. Donc pas d’articles jargonnant trop longs ou trop abscons, ni de thèses caricaturales sur les pyramides préfabriquées ou les galeries en colimaçon de Khéops !

Nous sommes ici dans le domaine de l’excellente vulgarisation, celle qui respecte la vérité scientifique en la mettant à la portée des esprits cultivés. L’illustration abondante en noir et blanc, plus rarement en couleur, comprend beaucoup de plans des sites archéologiques. Les photos sont souvent complétées par des dessins. Les  relevés de bas-reliefs et des inscriptions hiéroglyphiques s’avèrent en effet plus parlant que les photos qui écrasent les détails. Enfin les notes et les indications bibliographiques permettent de prolonger éventuellement la lecture.

Ainsi le numéro 67 (septembre 2012) traite du Temple égyptien. Il s’agit d’un premier volet centré sur la vie et le fonctionnement du temple antique. Il comprend notamment un article sur l’administration du Ramesseum, par le charismatique Christian Leblanc, directeur de la mission archéologique française de Thèbes-Ouest (ici). Ou encore une étude de Karnak comme lieu de guérison à l’époque tardive, par Laurent Coulon, brillant égyptologue du CNRS à Lyon.


Un blog de Tanis (cliché MFFT) © MFFT Un blog de Tanis (cliché MFFT) © MFFT


Le numéro 68 (janvier 2013) considère le Temple égyptien dans un second volet concernant  l’architecture et l’archéologie. Luc Gabolde, spécialiste reconnu de  Karnak, analyse les contingences religieuses et les contraintes géomorphologiques pour l’implantation du temple. Jean-François Carlotti traque les modifications du « Grand château d’Amon » de Sésostris sur le même site. Philippe Brissaud, directeur de la mission française des fouilles de Tanis (ici) présente les premières études du temple de Mout dont il vient de mettre à jour le lac sacré, avec d’admirables reliefs.

Le numéro 69 (mars 2013) est consacré aux Femmes dans l’égyptologie au XIXe siècle. Il s’agit des premières femmes qui ne craignent pas d’arpenter les sites archéologiques : romancières, voyageuses curieuses et expertes ou épouses d’égyptologues tout aussi compétentes que leur mari. C’est le cas de Marguerite Naville, évoquée par l’égyptologue Jean-Luc Chappaz, conservateur du musée de Genève. En prime on trouve ici un article très critique sur l’exposition du centenaire de Néfertiti à Berlin. Il émane de l’égyptologue Christian Loeben, directeur des collections égyptiennes du Museum Kestner à Hanovre.

Ajoutons que Jean-Luc Bovot, égyptologue au Louvre, tient une chronique régulière sur le multimédia axé sur l’égyptomanie. Enfin les sujets des prochains numéros qui sont fixés par le comité scientifique de la revue sont annoncés à l’avance. Ainsi le N° 70 traitera du milieu rural égyptien, le N° 71 de magie et de médecine, et le N° 72, des villes, habitats et jardins.

Le Centre d'égyptologie développe un nouveau site internet où l’on trouve tous les renseignements nécessaires. En particulier on peut y télécharger un index très utile de tous les articles parus dans la revue et dans les publications annexes depuis 20 ans. Edité en PDF, il comporte un double classement, par auteurs et par sujets.

 

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