Un site d’astronomie amateur

Pourquoi le soleil levant n’est-il pas rond ? Pourquoi voit-on les étoiles en plein jour avec un télescope, alors qu’on ne les voit pas à l’œil nu ? Les réponses à ces questions sont les deux plus récentes, parmi bien d’autres, mises en ligne sur ce site d’astronomie pas comme les autres. Visite guidée, avec petit détour par l’Egypte ancienne.

Une coupole astronomique d’amateur dans un jardin sympa. Une coupole astronomique d’amateur dans un jardin sympa.

 

UN VRAI OBSERVATOIRE ASTRONOMIQUE :

Mon ami Louis Saïs a construit son propre observatoire dans son jardin, au nord de la Drôme. Une coupole métallique de trois mètres de diamètre tourne sur un rail circulaire fixé au sommet d’un muret cylindrique. A l’intérieur de l’édicule, un télescope de type Newton, entrainé par un moteur électrique, est doté d’un miroir parabolique d’un diamètre de 200 millimètres placé au fond d’un tube de 125 centimètres. Le mouvement régulier de l’appareil permet de suivre le déplacement des astres lors des observations.

Toutes les caractéristiques techniques du matériel utilisé sont indiquées sur le site. Une caméra webcam branchée sur le télescope a permis d’obtenir les photos qui illustrent les différentes rubriques : images du soleil, de la lune, des planètes, ainsi que du ciel profond, avec les belles galaxies les plus proches de la notre. En outre, l’appareillage est complété par un spectrographe à réseau. Cet instrument décompose la lumière des étoiles afin de déduire de leur spectre la composition chimique de ces astres. On trouvera ainsi les exemples imagés des spectres du soleil et celui du bleu du ciel.

La nébuleuse d'Orion M42, le 22 mars 2009. © Saïs La nébuleuse d'Orion M42, le 22 mars 2009. © Saïs

L’observation astronomique d’un amateur averti peut porter parfois sur des événements spectaculaires ou rarissimes. Ainsi le passage de la planète Vénus devant le Soleil a été parfaitement visible dans la région lyonnaise le 8 juin 2004 durant cinq heures (voir la photo plus bas et même une vidéo disponible sur le site). Ce phénomène du passage de Vénus devant le Soleil a été utilisé dans les siècles passés pour déterminer avec précision la distance entre le Soleil et la Terre. Or cette conjonction astrale rare ne se reproduira pas avant 2117.

QUESTIONS PRATIQUES ET REPONSES THEORIQUES :

Fasciné par l’astronomie et les annonces fréquentes de nouvelles découvertes plus ou moins sensationnelles, le quidam se pose toujours des questions, plus ou moins élémentaires ou compliquées selon ses acquis et ses souvenirs scolaires. Justement, sur ce site, on trouvera plein des réponses dans la rubrique « Théorie ». Ces explications visent  à l’interprétation la plus simple possible de quelques phénomènes astronomiques complexes.

Hélas dans la réalité de notre univers les choses sont toujours plus complexes. Par exemple, à la question « Pourquoi y-a-t-il deux marées par jour ? », on découvre vite que le phénomène est paradoxal et que la gravitation lunaire ne suffit pas à l’expliquer, il faut encore tenir compte du soleil. D’où les grandes marées des équinoxes, lorsque le soleil, la terre et la lune sont alignés. Les explications physiques débouchent nécessairement sur des formules mathématiques, mais sur le site les figures simples et en couleur éclairant les textes permettent de s’y retrouver plus aisément.

Passage de Vénus devant le Soleil le 8 juin 2004 à 8 H 20 TU. © Saïs Passage de Vénus devant le Soleil le 8 juin 2004 à 8 H 20 TU. © Saïs

Ainsi apprendra-t-on pourquoi on peut voir la lune lors d’une éclipse totale ; pourquoi quand le soleil éclaire la pluie, l’arc en ciel irise l’espace, avec en prime une magnifique photo du centre de Villeurbanne, prise par l’auteur du site depuis son balcon ; pourquoi le soleil levant n’est-il pas rond mais ovale ; à quoi est du l’étonnant phénomène de la « rétrogradation des planètes » ; comment fonctionnent les éclipses et les occultations des satellites de Jupiter ; comment le fameux pendule de Foucault, suspendu par un filin de 67 mètres de long à l’intérieur du dôme du Panthéon a mis en évidence la rotation de la terre ; etc.

La plus récente mise à jour du site explique pourquoi on peut voir les étoiles les plus brillantes du ciel en plein jour avec un télescope, alors qu’on ne les voit pas à l’œil nu. Vous comprendrez alors très simplement comment une lunette astronomique augmente la luminosité des étoiles indépendamment du grossissement et diminue celle du ciel profond d'autant plus que le grossissement est plus grand. Ne cherchez pas ailleurs cette explication, vous ne la trouverez pas sur internet – sauf si Wikipedia a plagié le site entre-temps !

HISTOIRE DE L’ASTRONOMIE :

Les mouvements des astres ont toujours captivé les humains, depuis la nuit des temps. Aussi l’observation astronomique commence bien avant l’histoire de l’écriture et nous échappe donc en grande partie. Mais les textes grecs qui nous sont parvenus, en particulier par la compilation de Claude Ptolémée au 2e siècle de notre ère, les font considérer comme le point de départ scientifique de l’astronomie.

Sur le site de Louis Saïs la rubrique « Histoire » présente et explique plusieurs de ces découvertes célèbres qui concernent à la fois les astres célestes, la terre dans l’univers ou encore le mystère du temps. On y trouve par exemple la première mesure de la circonférence terrestre réalisée en Egypte ptolémaïque par Eratosthène, au 3e siècle avant notre ère ; celle de la distance de la Terre à la Lune, par Claude Ptolémée, mathématicien déjà cité ; les découvertes réalisées par les Cassini aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que d’autres plus récentes…

L’Egypte antique des Pharaons est également réputée pour ses représentations astronomiques, sculptées au plafond des temples ou des hypogées de Louxor. Le célèbre « Zodiaque de Dendéra » maintenant au Louvre représente une image du ciel nocturne qui ne peut être daté par des considérations astronomiques, quoique prétendent certains égyptologues. Le cartel du Louvre va jusqu’à préciser : « entre le 15 juin et le 15 août 50 avant notre ère » !  On verra sur le site pourquoi cette assertion est fantaisiste. Auparavant  Champollion avait montré par la traduction des inscriptions hiéroglyphiques que cette partie du temple ptolémaïque date du règne de la grande Cléopâtre qui est d’ailleurs représentée avec son fils Césarion sur le mur postérieur du complexe.

 

la clepsydre d’Amenhotep III à la XVIIIe dynastie. la clepsydre d’Amenhotep III à la XVIIIe dynastie.

Le dernier problème historique évoqué ici sera celui de la mesure du temps dans l’antiquité. Il se pose essentiellement pour la détermination des heures du jour et de la nuit.  Nous ne disposons pas de texte décrivant les protocoles expérimentaux des savants égyptiens et grecs. Mais nous savons qu’ils utilisaient le plus souvent un vase percé appelé clepsydre, donc une sorte d’horloge à eau. La lus ancienne connue a été retrouvée, parmi des milliers d’objets, dans la cachette de Karnak fouillée par l’égyptologue Georges Legrain de 1903 à 1906. Elle date de la XVIIIe dynastie, sous le règne d’Amenhotep III, vers 1350 avant notre ère.

On trouvera sur le site astronomique l’explication du fonctionnement de la clepsydre. Les calculs effectués par Claude Ptolémée s’avèrent remarquable, avec une précision étonnante. Ajoutons ici, puisque ce blog s’occupe d’égyptologie, que la clepsydre de Thoutmosis III est exposée au musée du Caire (numéro JE 37525). On peut consulter aussi à son sujet la base de données de l’IFAO – Institut français d’archéologie orientale – dédiée à la « Cachette de Karnak » (direction : Laurent Coulon, égyptologue au CNRS Lyon), sous le numéro CK 937.

le site de Louis Saïs, capture d’écran du 25 novembre 2015. le site de Louis Saïs, capture d’écran du 25 novembre 2015.

N’hésitez pas à faire un tour sur ce site régulièrement mis à jour et déjà très fréquenté. Le compteur indique 36.409 visiteurs au moment de la capture, le jour de publication de cet article. Vous pouvez contacter mon ami Louis Saïs, l’auteur du site d'astronomie, pour lui soumettre vos propres questions.

Sources :

http://louissais.free.fr/

http://www.ifao.egnet.net/bases/cachette/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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