Corneille de Lyon entre au Musée des Beaux-arts

C’est un petit portrait, et pourtant magistral, «  L’Homme au béret noir tenant une paire de gants », peint vers 1530, qui entre au Musée des Beaux-arts de Lyon au moyen d’une souscription publique. Le peintre Corneille, natif de La Haye, porte aujourd’hui le patronyme de la ville où il a longtemps résidé et où il a produit l’essentiel de son œuvre.

 

→ Homme au béret noir tenant une paire de gants, vers 1530. © Photo : MBA Lyon / Alain Basset. → Homme au béret noir tenant une paire de gants, vers 1530. © Photo : MBA Lyon / Alain Basset.

 

C’est un petit portrait, et pourtant magistral, «  L’Homme au béret noir tenant une paire de gants », peint vers 1530, qui entre au Musée des Beaux-arts de Lyon au moyen d’une souscription publique. Le peintre Corneille, natif de La Haye, porte aujourd’hui le patronyme de la ville où il a longtemps résidé et où il a produit l’essentiel de son œuvre.

Le peintre Corneille de Lyon (entre 1500 et 1510 - 1575) qui a magistralement illustré l’art du portrait dans sa ville d’adoption au temps de la Renaissance n’était pas représenté au Musée des Beaux-arts. C’est chose faite avec l’acquisition de ce chef-d’œuvre, financée par une souscription publique et par le mécénat d’entreprise, sans aucune contribution publique. En effet, le prix d’achat dans une collection particulière anglaise s’élève à 635 000 € (450 000 livres). Plus de 1.300 lyonnais ont répondus à l’appel, souscrivant pour 300 000 €. Le reste provient des mécènes regroupés dans la Fondation du Cercle Poussin.

Corneille, originaire de La Haye en Hollande est né entre 1500 et 1510. Il est déjà établi à Lyon en 1533 et bientôt il épouse la fille de l’imprimeur Fradin, intégrant ainsi le milieu des artistes et des humanistes. En 1534 il est déjà « peintre de la Reine Eléonore », dernière épouse de François I°. Puis il est naturalisé français par un décret d’Henri II en 1547 qui le désigne comme peintre ordinaire du roi. Dès lors, bien que résident à Lyon, son œuvre se divise en deux séries. D’une part des portraits privés des familles princières de la Cour. D’autre part des portraits  de bourgeois, d’humanistes, d’imprimeurs et d’artistes lyonnais. Cette seconde catégorie constitue la majorité des œuvres de l’artiste aujourd’hui perdues ou non encore attribuées.

«  L’Homme au béret noir tenant une paire de gants » est présenté pour la première fois au Musée des Beaux-arts dans le cadre de l’exposition « Lyon Renaissance. Arts et Humanisme ». Il est exposé dans une salle où sont rassemblés 18 portraits peints par Corneille, venus des plus grands musées du monde : Louvre, Versailles, Londres, Florence, Modène, New York, Vienne, Anvers, Gênes. Cette série qui comporte 5 portraits de cour et 13 figures lyonnaises est la plus grande exposition jamais réalisée des œuvres de Corneille.

 

→ Pierre Aymeric, 1534, Louvre, inventaire 1976-15. © Photo : Louvre. → Pierre Aymeric, 1534, Louvre, inventaire 1976-15. © Photo : Louvre.

 

Ce type de portrait de petites dimensions, peint à l’huile sur bois, est rapidement devenu un véritable genre, du vivant même du peintre. Un commentateur du XVII° écrivit qu’il excellait à peindre « des petits portraits au naturel qu’on nomme  Cornilla ». Ses caractères ressortent bien dans la série présentée : frontalité du modèle limité au buste, avec rarement une main apparente ; le regard dirigé vers le spectateur ; un éclairage diffus et sans ombre ; un fond uniforme (souvent vert) ; un cadre à peine esquissé. Bref, la simplicité et la désinvolture, allant à l’essentiel du sujet.

L’exposition  permet d’effectuer des comparaisons. Un des tableaux du Louvre faisait jusqu’alors référence pour l’art de Corneille. Il représente Pierre Aymeric natif de Saint-Flour, devenu consul de Lyon. C’est la seule œuvre actuellement connue à être signé et datée au verso de 1534. Force est de reconnaître que le nouveau venu, probablement peint à la fin des années 1530,  L’Homme au béret noir tenant une paire de gants, ne lui cède en rien. Dans les deux cas, Corneille fait d’un portrait direct, sobre et vif, l’expression vivante du caractère de son modèle. Malgré son petit format, c’est bien un chef d’œuvre de la Renaissance qui entre au Musée des Beaux-arts de Lyon.

 

Cartel :
Homme au béret noir tenant
une paire de gants
, vers 1535
Huile sur bois - 24,1 x 18,5 cm
Lyon, Musée des Beaux-arts.

 

 

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