Un vrai accueil solidaire.

En écho au titre de mon blog, référé à un poème d'Eluard, je persiste à penser que seuls les artistes sont à même d'appréhender les questions complexes de l'identité et du phénomène migratoire aussi vieux qu'est notre monde d'humains qui a toujours été en quête d'un mieux vivre, d'un mieux être...

L' Europe aujourd'hui a peur d'être envahie par tous les  méteks, les bougnouls, les négros qu'elle n'a pas su, lors de ses conquêtes "civilisatrices", domestiquer suffisamment pour qu'ils restent gentiment à la place qu'elle leur avait assignée. En toute logique, elle n'a, aujourd'hui, de la part de ces pays, qu'un retour similaire.

Pour prendre comme exemple l'Algérie, la France n'a t'elle pas organisé l'émigration vers ce pays de tous ses concitoyens dérangeants? Ceux qui ont fomenté la révolte de 1848 puis, en 1870, celle de certains communards qui ont échappé à Cayenne où, ironie de l'Histoire, d'autres, y ont retrouvé des résistants Algériens...

Oui, le bagne de Cayenne a fait partie d'un imaginaire partagé.

Peut-être oublié en France, il est resté vivace chez nous  au point où  un jeune chanteur, Miloud, en a fait ressusciter le souvenir à travers son émouvante chanson  " Nous sommes à Cayenne"...

Au vu de l'Histoire, il y a donc, plus qu'un déni, une falsification de l'Histoire.

En effet, pour le quidam français, n'a toujours été  émigré que le mec du Sud dérangeant sa quiétude ou, au mieux, objet de sa sollicitude.

Oublié par les pieds noirs eu-mêmes qui s'agitent dans le bocal du FN, contre l'invasion des émigrés qu'ils ont été eux aussi des émigrés, amenés, eux aussi, pour la plupart, à quitter aventureusement leur pays.

Bref, il est difficile d'adhérer aux divers écrits sur ce phénomène de l'émigration.

Oui, à mon avis, seule une veine de poète peut en rendre compte.

Et c'est ce qu'a réussi le cinéaste algérien Tarik Téguia à travers son beau film: Inland.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.