Une grave dérive

A travers un souvenir ancien, une mise en parallèle de deux époques troublées et un questionnement autour de la confusion actuelle des repères qui fait dériver gravement vers des lendemains inquiétants...

Oui, cette interpellation musclée de quatre mômes de 10 ans, suivie d'un interrogatoire dans un commissariat n'est pas un fait anodin.

Elle devrait indigner, ou, tout au moins interpeler la conscience de tout citoyen de n'importe quelle République, à fortiori, celle .qui se glorifie d'être  la République  des Droits de l'Homme et des Lumières. 

Apparemment, ce n'est pas le cas !

C'est en pensant à ces gamins que m'est revenu en mémoire le souvenir d'une fillette  un peu plus âgée donc un peu plus coupable qui a osé rester rivée à sa chaise quand tous et toutes se levaient pour saluer le grand Préfet, l'IGAME qui a daigné venir inaugurer leur Lycée.

C'était l'illustre Maurice Papon. C'était à Constantine en Algérie dans les années 50.

Quelques amies, encore vivantes, de ce Lycée Laveran se plaisent parfois à me  rappeler,  qui leur peur, qui leur honte  qui leur incompréhension de cet acte irrévérencieux de leur copine.

La France vivait à cette époque là  une situation autrement plus dramatique que celle d'aujourd'hui.

Et pourtant ! Incroyable mais vrai, la gamine, traitée de sauvage et  d'effrontée par le Conseil de discipline n'a subi que la plus  "lourde peine" d'indiscipline: une privation de sorties et de parloir pendant un mois !

Oui, malgré "les évènements" comme on les appelait à l'époque, l'Institution Educative restait dans l'immense majorité des cas et il y en a eu, fidèle à ses principes et à sa mission. C'est tout à son honneur.

Voilà ! Je tenais à rappeler ce souvenir.

 

 

 

 

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