Oui, une fois de plus, une enfant disparait et est retrouvée "morte". Elle a un corps cette gamine, puisqu'on l'a enterrée avec toute l'émotion et la solidarité qu'un tel événement requiet.
Mais de ce corps, on ne parle pas.
Aujourd'hui c'est une fillette, la petite Nihal,mais il y en a eu d'autres et aussi des petits garçons. Ces enfants n'ont pas été enlevés comme otages pour obtenir une rançon des familles. Pourquoi alors? La seule hypothèse serait pour assouvir un appétit sexuel pédophile.
Mais cette hypothèse, la seule vraissemblable, pour tout un chacun, n'est à aucun moment ne fût-ce que suggérée, le tabou total!
Dans la communication qui est faite de ces enlèvements et de la récupération des corps de ces enfants, aucune mention n'est faite du motif de leur enlévement et du pourquoi de leur assassinat.
Ainsi depuis quelques années, phénomène inconnu jusque là, des enfants sont enlevés puis retrouvés assassinés sans qu'aucune information ne soit donnée quant au motif présumé de leur enlévement ni de la part des services de Police, ni des institutions judiciaires en charge de l'enquête et qui plus est, y compris des journaux pourtant sencés être curieux des phénomènes insolites.
Silence total. Silence lourd d'une société qui fait l'autruche, ne veut pas regarder en face la monstruosité qui est en son sein.
Aujourd'hui, ce sont des pervers pédophiles qui font de nos enfants des objets jetables de leurs satisfactions sexuelles.
Taire cette réalité par déni, par tabou, ne va pas évidemment l'annihiler... Pire, elle empêche de prendre le minimum de précautions possibles pour la sauvegarde des enfants. Oui, notre religion, quoiqu'en pensent nombre de quidams, n'est pas un antidote contre la psychopathie et on le voit de plus en plus. Elle peut même alimenter et "justifier" des "penchants" pervers.
Oui, nous n'avons pas analysé les motivations de tous les meurtres d'enfants commis par les recrues du GIA dans la decennie 90.
Ce sont aussi des pervers, ceux qui n'ont pas hésité à tuer des enfants, à brûler des bébés...même par obéissance à une consigne, même au nom d'une idéologie...
Hier, un peuple exsangue, laminé par 10 ans d'une guerre civile dévastatrice et sans enjeux clairs, a accepté la formule offerte d'y mettre fin.
Ce faisant, avec la loi dite de réconciliation, ce peuple a accepté d'amnistier des tueurs d'enfants!
Et voilà que maintenant,tuer un enfant redevient un crime impardonable comme dit la rue aujourd'hui à propos de la petite Nihal.
Pourquoi ne l'a t'elle pas exprimé, ce refus et a t'elle même donné son aval pour amnistier nombre de tueurs d'enfants?
J'étais pédopsychiatre à Blida en ces temps difficiles et j'ai eu à écouter les cauchemards effrayants de tous ces enfants rescapés de l'horreur ayant vu leurs parents et frères et soeurs égorgés devant eux. C'est ce vécu des enfants que le regrété Azedinne Meddour a su rendre dans son documentaire: " Douleur muette".
Oui, quand je repense à cette période et la met en lien avec le hurloir indécent de la rue d'aujourd'hui qui réclame le rétablissement de la peine de mort, je suis écoeurée. J'ai honte pour mon pays. Quelle régression! Quelle hypocrysie!
Non, ce n'est pas pour les assassins d'enfants que cette rue là demande la peine de mort. Hier elle a accepté de les amnistier.
Ce qu'elle voudrait, cette rue, c'est tuer ce qui à germé en elle et dont elle n'ose même pas parler.
Cette rue là, ce n'est pas ma rue.
J'ai dans la tête d'autres rues qui ressembleraient à la rue de la Sardine...
Non, l'Algérie, ce n'est pas cette rue hurleuse, l'Algérie c'est l'émotion, la pudeur des sentiments et comme ditsait Azzedine, une douleur muette.