Ump cherche papa parricide

Officiellement, l'ump se cherche des valeurs, dans la realité elle a besoin d'un papa parricide. D'un chef incontesté qui écrase la concurrence. Elle ne l'a pas sous la main, et c'est la première fois depuis plus de cinquante ans. Car tous les chefs de la droite française, tous les presidents de la république depuis 1958 ont un point commun dont ne dispose ni Fillon ni Copé.

Officiellement, l'ump se cherche des valeurs, dans la realité elle a besoin d'un papa parricide. D'un chef incontesté qui écrase la concurrence. Elle ne l'a pas sous la main, et c'est la première fois depuis plus de cinquante ans. Car tous les chefs de la droite française, tous les presidents de la république depuis 1958 ont un point commun dont ne dispose ni Fillon ni Copé. Ces hommes là -tiens ce sont tous des mâles dominants- etaient des transgressifs, ils avaient tous forcé le destin. La sésame du pouvoir ils ne l'avaient pas trouvé dans le berceau ou la bénédiction du père.  Ils ont tous été le Vizir qui a chassé l'ancien calife.

 

        Prenez le fondateur, Charles de Gaulle, le rebelle par excellence, condamné à mort par son patron, Philippe Pétain, puis sauveur de la France libre. En 58 il revient encore au pouvoir, en chassant  carrément une république, la quatrième.

        Pompidou : il ose dire depuis Rome, en 68, à la fureur du général, qu'il aura "si Dieu le veut un destin national", et lui succède l'année suivante. 

        Giscard d'Estaing, élu en 1974 : il franchit le Rubicon en 1969 en votant non au référendum de de Gaulle sur la participation, et en contribuant à sa retraite définit ive...

        Chirac : il démissionne avec fracas du poste de Premier Ministre en 1976, puis fait battre Giscard d'Estaing en 1981.

        Même Balladur pourtant surnommé Ballamou par le Canard enchainné de l'époque, essaie de liquider  Chirac en 1995

        Et Sarkozy, élu sur la rupture avec Chirac, à qui il doit toute sa carrière, et qui n'a de cesse de s'en prendre à sa mémoire une fois assis sur son trône.

        Pas un n'échappe à cette loi du plus fort qui ne recule devant personne, du dominant nouveau qui chasse le dominant déclinant. Pas un qui ne soit descendu dans l'arène à découvert, pour le duel de la succession!

         Mais les temps ont changé.

         Copé a eu le profil mais n'a pas choisi cette voie. Au contraire. Candidat quasiment déclaré pour 2017, très critique envers Sarkozy pendant presque un quinquennat, il s'est transformé en héritier de la dernière heure, en fils, pour convaincre un Parti  qui cherche un père.

         Quant à Fillon, il dispose de soutiens, son image est rassurante, mais il est plutôt le symbole de celui qui endure en restant bien peigné, que du patron qui s'impose par des défis décoiffants. 

        Voilà pourquoi l'UMP est orpheline, et pourquoi ni Fillon ni Copé ne sont vraiment attendus. La place est libre pour un troisième cavalier, un baroudeur, mais on ne le voit pas venir, et ce n'est pas Roselyne Bachelot qui va combler le manque, même si elle joue les pétroleuses en déchargeant son colt sur un régime abattu.

       

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