Virage de la rigueur, guerre Copé Fillon : Attention, tartes à la crème

       La vie politique est toujours pleine de tartes à la crème, d’idée toutes faites assénées comme des évidences. Deux exemples ce matin. Le premier claque sur la manchette du journal « le Monde ». Nous serions entrés dans « le virage de la rigueur ». Cette expression renvoie à 1983. Après deux années de pouvoir marquée par une vague de nationalisations, François Mitterrand était contraint à un virage libéral.

       La vie politique est toujours pleine de tartes à la crème, d’idée toutes faites assénées comme des évidences. Deux exemples ce matin. Le premier claque sur la manchette du journal « le Monde ». Nous serions entrés dans « le virage de la rigueur ». Cette expression renvoie à 1983. Après deux années de pouvoir marquée par une vague de nationalisations, François Mitterrand était contraint à un virage libéral.

       Or ce qui se passe dans la France de 2012 n’a rien à voir avec cette époque là. Nous ne sommes pas deux ans après l’élection, mais deux mois, et il n’y a aucun virage. La campagne de François Hollande n’a pas été celle du passage de l’ombre à la lumière, pas la campagne de Jean-Luc Mélenchon, mais la promesse du même monde, en plus juste. Il n’a pas promis la lune mais des augmentations d’impôts mieux répartis. Il n’a pas fait miroiter de dépenses fantastiques, mais inscrit des économies drastiques : son programme est de passer de 5,4% de déficit à 0% en 2017 ce qui veut dire sur un quinquennat « rigueur multipliée par cinq ».

       Le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault n’est donc pas l’instant du virage, mais l’heure de vérité, le passage du projet à l’action. Dans six mois, dans un an, dans deux ans, soit la potion de François Hollande aura donné des résultats, et son pouvoir aura de l’avenir, soit les français ne percevront que des privations, et les municipales seront désastreuses à gauche, en attendant des lendemains encore plus difficiles.

       Ce qui nous amène à la seconde tarte à la crème de la semaine. « La guerre des chefs à droite ». Pourquoi forcément « la guerre » et pas « la concurrence » ?  Pourquoi cette idée très française, ce monument de pensée réflexe que Flaubert aurait pu inscrire dans son dictionnaire des idées reçues, et qui affirme qu’à partir du moment où plusieurs politiques du même bord ambitionnent le même poste il faudrait qu’il y ait « la guerre » ?

       Les primaires socialistes ont pourtant démontré le contraire. Une concurrence bien gérée ne conduit pas forcément à une foire d’empoigne…

       D’ailleurs la question n’est pas celle de la guerre, ou des mamours. La question est celle des enjeux. Pourquoi cette lutte, si elle a lieu ? Et avec qui ce baiser, s’il devait être partagé ?

       Et là, franchement, c’est la nuit noire. Là, plus personne ne comprend rien. On a pensé qu’un inventaire était en jeu. Que la question de la droitisation séparait deux courants, et deux grands fauves, comme dit un troisième cliché. Mais pas du tout. Copé c’est Sarkozy craché, si on l’écoute, et Fillon, désormais, revendique la même chose. Il assume tout de l’héritage !

       La question n’est donc pas celle de la guerre ou de la paix, mais du pourquoi de cette rivalité. Car à l’affiche, à priori, c’est « Sarko contre Sarko »... 

        France Culture, 7h36, France Musique 8h07, Twitter : @huberthuertas

       

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