Le PS achève bien son Bayrou

       Ennemis de la politique, dégoûtés du suffrage universel, vous avez aimé la présidentielle, vous allez adorer les élections législatives.

       Ennemis de la politique, dégoûtés du suffrage universel, vous avez aimé la présidentielle, vous allez adorer les élections législatives.

       Le jeu des intrigues en vue des investitures, le défilé des appétits, le grand moment du torpillage et des retournements, tout cela devient un festival quand on le démultiplie par le nombre de circonscription.

       Car les législatives, au pluriel, ne sont pas la présidentielle, au singulier, elles sont un rendez-vous commun, les 10 et 17 juin, mais elles concernent 577 élections locales.

       A droite, le grand sujet sera le Front National. Officiellement l’UMP ne signera aucun accord. Même Thierry Mariani, pourtant patron de la droite populaire l’a souligné avec une clarté touchante. Il faut dire qu’il a quitté sa circonscription du Nord Vaucluse, où l’extrême droite est très puissante, pour un siège des français de l’étranger en Asie Océanie, où le Front pèse aussi lourd que Cheminade ou Poutou. Désormais Mariani ne badine pas avec l’éthique. Il arrive que le grand large vous confère de la hauteur.

       Pour ses amis du Sud-Est, le pari sera sans doute moins évident, d’autant que Marine Le Pen n’est pas sectaire. Elle ne refusera personne. Pas de liste noire. Elle s’est même déclarée prête, hier, à des accords locaux avec ceux qui le souhaiteraient. Les semaines qui nous séparent du premier tour devraient donc être pittoresques. A Paris l’UMP s'opposera à tout rapprochement, sur le terrain ses candidats, comme au régionales de 86, 92, ou 98 se montreront, disons, plus tolérants.

       A gauche le jeu des investitures et des alliances est un billard à trois bandes, la bande PS, la bande écologiste, et la bande Front de gauche elle même subdivisée en deux « sous bandes », le parti de gauche et le parti communiste.

       A cela s’est ajouté un Ovni politique, François Bayrou, adepte du ni droite ni gauche mais qui a fini par apporter son appui à François Hollande à trois jours du second tour.

       La question était de savoir si cette prise de position devait conduire le PS à l’aider à se faire réélire dans sa circonscription de Pau, en ne présentant pas de candidat contre lui. Lundi, le choix présidentiel de Bayrou avait été jugé « courageux et difficile » par Pierre Moscovici, Ségolène Royal avait estimé mardi que le retrait du candidat PS ne serait pas « infondé », et Marisol Touraine, probable imminente ministre, avait trouvé cohérent que son parti n’oppose pas d’adversaire au patron du Modem.

       Hier le Bureau national PS a choisi une autre cohérence : « Il y aura un candidat socialiste, a tranché Martine Aubry, François Bayrou a pris une position de valeur, conforme à ce qu’il est, et à ses engagements, mais il n’y a pas de service rendu, on ne fonctionne pas comme ça ». Autrement dit, Circulez, y a rien à voir.

       Ainsi « fonctionne » le PS. Le changement c’est maintenant, mais pour la dose d’élégance on verra un peu plus tard…

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