Terminus tout le monde descend?

Attention tout le monde descend. La dernière livraison du sondage mensuel Ipsos-Le Point confirme la situation délicate dans laquelle se trouve le président de la République mais elle pointe aussi un phénomène plus général, plus radical, et potentiellement porteur d’orage : Les déboires des uns ne font plus la confiance envers les autres. La droite s’enfonce autant que la gauche dans un rejet collectif.

Attention tout le monde descend. La dernière livraison du sondage mensuel Ipsos-Le Point confirme la situation délicate dans laquelle se trouve le président de la République mais elle pointe aussi un phénomène plus général, plus radical, et potentiellement porteur d’orage : Les déboires des uns ne font plus la confiance envers les autres. La droite s’enfonce autant que la gauche dans un rejet collectif.

       La semaine dernière, une autre enquête, à propos des prochaines municipales, était allé vers les mêmes conclusions. L’envie de sanctionner le PS et les écologistes qui exercent le pouvoir national ne conduisait pas (ou pas encore) les français à choisir des élus de droite pour  diriger les mairies.

       Le sondage du Point de ce mardi est sans appel vis-à-vis de l’exécutif. En dix-sept ans de mesures, la côte d’un Président, 31% de satisfaits pour François Hollande, moins cinq en un seul mois, n’a été pire qu’à cinq reprises deux fois pour Chirac en 2005 et 2006, et trois fois pour Sarkozy en novembre 2010 puis avril et juin 2011.  

       Et comme Jean-Marc Ayrault navigue dans les mêmes eaux, très basses, l’opposition pourrait se frotter les mains dans un schéma classique. Mais nous ne sommes pas dans une situation ordinaire.

       Dans la même enquête, en effet, Laurent Wauquiez perd 6 points, François Baroin est à - 5, Christine Lagarde -4, Luc Chatel -4, François Fillon -3, Xavier Bertrand -3, Jean-François Copé – 2

       Quant à Nicolas Sarkozy, présenté comme un recours il baisse pour la première fois depuis sa défaite de mai, -4 points, (et-6 chez les seuls électeurs UMP), son opération retour a plutôt agacé.

       Quand on évoque le rejet des politiques, un raisonnement automatique aboutit en général au constat immanquable : un tel climat profite à la famille le Pen. Or Marine Le Pen perd également des plumes, -4 points.

       A quelques exceptions près, Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Bruno Le Maire, qui sont étales, ou Nathalie Kosciusko Morizet ou Ségolène Royal qui sont un peu mieux vus, la débâcle est générale. Tout ce qui ressemble à une personnalité répertoriée en politique est, au mieux, victime de scepticisme, pour ne pas dire de rejet. C’est un système qui est dans le collimateur.

       C’est comme si les forces traditionnelles avaient perdu leur ancrage dans la société, et que leurs discours ne portaient plus. Comme si la chronique n’était plus l’histoire d’une bataille politique, mais le récit d’une fatalité de nature économique, un coup de bambou par jour, ce matin c’est le journal « Les Echos » qui annonce par exemple des restrictions sur les allocations familiales.

       Si dans les prochains mois cette observation se confirme, cela voudra dire que la France est mûre pour une situation à l’Italienne, et qu’elle est prête à se rabattre sur le premier Beppe Grillo qui passe…

        France Culture 7h36 ; France Musique 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

       

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