Taubira : cette fois la droite doit se lever

L’affaire Taubira a pris une dimension extrême, et extrémiste, avec la publication par le journal Minute d’une couverture reprenant, dans les mots et les images, les attaques racistes de ces dernières semaines. Ce n’est plus un dérapage, mais une campagne organisée. Elle interpelle la gauche, qui a réagi, mais aussi la droite, qui hésite entre ses intérêts immédiats et sa survie à long terme.

L’affaire Taubira a pris une dimension extrême, et extrémiste, avec la publication par le journal Minute d’une couverture reprenant, dans les mots et les images, les attaques racistes de ces dernières semaines. Ce n’est plus un dérapage, mais une campagne organisée. Elle interpelle la gauche, qui a réagi, mais aussi la droite, qui hésite entre ses intérêts immédiats et sa survie à long terme.

        Contrairement aux premières agressions, multipliées sur Internet, puis portées par les intégristes de Saint-Nicolas du Chardonnet, puis par un groupe d’enfants manipulés par leurs parents à Angers, la gauche politique et associative a réagi immédiatement, de SOS Racisme au Premier Ministre qui a qualifié ces attaques "d’insupportables et scandaleuses".

        L’exécutif, et une partie de la gauche, avait tendance, jusqu’à la semaine dernière, à retenir ses coups en se demandant si les condamnations morales ne risquaient pas d’alimenter le vote pour l’extrême droite, par une espèce de contre-effet publicitaire.

        L’objection a été balayée par la démesure d’un racisme aujourd’hui débridé. La question n’est plus celle des conséquences électorales, mais du silence, c'est-à-dire du consentement, ou de la dénonciation c’est-à-dire du combat pour les valeurs minimums.

        La gauche est donc unanime à l’occasion de l’affaire « Minute », mais pour la Droite, et même pour le Front National qui veut officiellement se démarquer de ces présumés « dérapages », le problème est plus complexe. Car toute cette atmosphère, ces casseurs de portique, ces incendiaires de radars, ces insulteurs du 11 novembre, ces racistes en furie, sape dans l’immédiat l’autorité du Président de la République et du Gouvernement. C'est donc une bonne affaire pour les oppositions. Un bénéfice qu’on engrange en se bouchant le nez, mais qu’on encaisse quand même.

        Le problème c’est qu’à long terme, et même à moyen terme, tous ces partis de l’ordre, de la sécurité, de la Nation, ne peuvent pas avoir l’air de soutenir des désordres, de l’insécurité, et des attentats contre les valeurs qui font que la France est la France. Or la Droite ne condamne pas, ou pas vraiment, ou condamne en amnistiant les coupables au nom des insuffisances d’Hollande et de son équipe.

        A cet égard l’affaire Taubira est clairement un apogée. On peut ne pas aimer cette femme, ses idées, ses conceptions, ses décisions, mais personne ne peut ignorer qu’en terme de culture, de savoir, de force intellectuelle, de maîtrise du langage, elle est plus sophistiquée que la moyenne d’entre nous. Et c’est cette personne là que certains obscurantistes voudraient animaliser. Et c’est elle que des républicains de droite ne défendent pas à l’assemblée en restant assis sur leur siège.

        Ce matin, l’agression du magazine Minute les oblige à se lever…

         France Culture 7h15 ; France Musique 8h07 ; Twitter @huberthuertas

        

           

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