Hollande, de Gérard Dugenou à Barack Obama

«Quand Nicolas dira : « j’en ai parlé à Obama »,  Hollande lui répondra qu’il a vu ça avec Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ».  C’était il y a un an, l’entourage de Nicolas Sarkozy, préparait le sommet du G8 à Deauville.

«Quand Nicolas dira : « j’en ai parlé à Obama »,  Hollande lui répondra qu’il a vu ça avec Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ».  C’était il y a un an, l’entourage de Nicolas Sarkozy, préparait le sommet du G8 à Deauville.

            Sans doute un peu dopé par le choc planétaire de l’affaire Dominique Strauss-Kahn, les conseillers s’amusaient. Ils lâchaient une moquerie de grand du monde  sur le dos du petit Hollande. Vous-vous souvenez de la phrase :

       Les conseillers ne pouvaient pas savoir que leur boutade serait prophétique. Après avoir « vu ça » avec Gérard, au sujet du licenciement de Nicolas, François en parlera effectivement avec Angela, Barak, puis tous les grands du monde à Berlin, Washington, et Chicago.

       Une semaine redoutable et même critique, qui va transférer sans transition le Président tout neuf du tambour franco-français à la lessiveuse mondiale.

       Cette entrée en matière a de quoi donner le vertige aux perdants comme aux gagnants. Aux perdants, car ils vont toucher du doigt l’étendue de leur défaite. Plus de considérations abstraites sur l’échec qui n’en serait pas tout à fait un. Cette fois ils vont voir physiquement arriver Hollande sur le tapis rouge de l’Elysée, et Sarkozy physiquement en sortir.

       Ensuite ils entendront prononcer, mercredi, une liste de noms de ministres, dont ils ne feront plus partie. Puis, alors qu’ils seront renvoyés aux Dugenou de la France entière, dans la cambrousse législative, ils regarderont à la télé les images du périple international du Nouveau Président, au cœur de ces fameuses réunions planétaires, à la fin desquelles Nicolas Sarkozy aimait à dire, dans une conférence de presse, qu’il avait changé le monde…

       Du côté des gagnants, le vertige n’est pas moins grand. Ce qui d’ordinaire occupe le devant de la scène pendant des semaines, voire des mois, va devenir une action commando. François Hollande va nommer un Premier Ministre, qui nommera un gouvernement. Rien que ça. Si les tractations vont vite, le Président aura l’air de savoir décider, si elles flottent et s’achèvent dans une synthèse approximative, le fantôme de Flanby reprendra de la consistance, ou plutôt de l’inconsistance.

       Ensuite, d’ici à dimanche, le nouveau Président aura promené sa simplicité à Berlin, avec une Merkel d’autant plus à cran qu’elle vient de subir un nouvel échec électoral, puis il ira à Washington pour confronter devant le G8 son discours sur « son ennemi le monde de la finance », et il annoncera  dimanche, devant l’Otan, son retrait anticipé d’Afghanistan.

       Une semaine pour passer du discours de campagne à la réalité. Soit son propos explose comme une comète au contact de l’atmosphère, et le quinquennat boitera déjà, soit le Président normal acquiert de la densité et dans ce cas Gérard Dugenou, ramasseur de champignon, se sentira représenté.      

    7h36 sur France Culture, 8h07 sur France Musique,  Twitter : @huberthuertas

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