PSG : histoire d'une hystérie politique

      « Nous avons des affrontements en divers points de la ville. Cela risque de durer une bonne partie de la nuit  selon les autorités. Les supporters du PSG ont ravagé une station service. Des vitrines ont été brisées, des véhicules ont été incendiés »… S’agit-il du récit des émeutes au Trocadéro ? Non. C’est le compte rendu d’incidents survenues à Marseille en janvier 2010, et rapportés par le journal 20 minutes. Ils ont éclaté après l’annulation d’un match OM-PSG. Des faits semblables à ceux d’avant-hier à Paris, à une exception quand même. Le Ministre de l’intérieur s’appellait Brice Hortefeux, et personne n’a demandé sa démission…

      « Nous avons des affrontements en divers points de la ville. Cela risque de durer une bonne partie de la nuit  selon les autorités. Les supporters du PSG ont ravagé une station service. Des vitrines ont été brisées, des véhicules ont été incendiés »… S’agit-il du récit des émeutes au Trocadéro ? Non. C’est le compte rendu d’incidents survenues à Marseille en janvier 2010, et rapportés par le journal 20 minutes. Ils ont éclaté après l’annulation d’un match OM-PSG. Des faits semblables à ceux d’avant-hier à Paris, à une exception quand même. Le Ministre de l’intérieur s’appellait Brice Hortefeux, et personne n’a demandé sa démission…

       11 avril 95 : 146 personnes sont interpellées, et 9 policiers ont été hospitalisées après une demie finale de coupe de France entre le PSG et l’Olympique de Marseille. Le ministre de l’Intérieur s’appelle Jean-Louis Debré, RPR. Nul n’exige qu’il se démette…

       Le 13 mars 2001, 56 supporters turcs sont blessés, 24 sont hospitalisés, le match PSG Galatasaray doit être interrompu. Daniel Vaillant, parti socialiste est ministre de l’Intérieur, aucune voix ne s’élève pour vouloir son départ.

       26 octobre 2002, OM-PSG, 60 interpellations, 25 janvier 2003, OM-PSG, 43 interpellations, 9 mars 2003 PSG-Nice, 27 blessés, 1er octobre 2005, Le Mans Paris Saint Germain, 85 interpellations, 23 novembre 2006, un supporter parisien est tué par un policier à la fin du match PSG-Tel Aviv, ce qui entraîne de violentes échauffourées… Nul n’imagine que le ministre de l’Intérieur sous lequel ont eu lieux ces batailles, ou ces drames, Nicolas Sarkozy, doive quitter la place Beauvau.

       18 décembre 2008, en pleine après-midi une partie du quartier Saint Michel est mis à sac, vitrines brisées, agression d’un jeune homme qui passe en scooter, avant un match PSG-Twente. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot Marie est en fonction, et elle le restera.

       Le 28 février 2010, un supporter parisien est tué lors d’affrontements, lors d’un autre match PSG-OM. Une heure avant le coup d’envoi une bande s’en prend à une autre, insultes racistes à la clé, sous le regard de la police et des CRS mobilisés en très grand nombre. C’est là qu’un supporter est lynché, et décèdera deux semaines plus tard.

       Le ministre de l’Intérieur s’appelait encore Brice Hortefeux.

       Avec le Paris Saint-Germain Les premiers incidents datent de 1982, lors d’une finale de coupe de France. Trente ans de violence, trente ans d’effort pour la canaliser, souvent en vain, au long de trente ans d’alternances, 16 ans de gauche, 17 ans de droite, mais l’UMP, qui n'a pas sourcillé dans une affaire infiniment plus tragique, quand Claude Guéant et son chef de la police ont laissé filer un Mohamed Merah mondialement fiché, cette UMP a enfin trouvé la solution imparable : C’est la faute au préfet, et c'est la faute au Ministre.    

        France Culture : 7h36 ; France Musique 8h07 ; Twitter @huberthuertas

       

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