Crise profonde et fantasmes en folie

     Confronté à une généralisation de mouvements sociaux, à une situation économique intenable, et à des sondages extraordinairement bas, François Hollande devrait démissionner dans quelques jours. C'est au fond ce que sous-entendent, en terme à peine plus nuancés, les media radios, télé, écrits, et les rumeurs sur Internet.

     Confronté à une généralisation de mouvements sociaux, à une situation économique intenable, et à des sondages extraordinairement bas, François Hollande devrait démissionner dans quelques jours. C'est au fond ce que sous-entendent, en terme à peine plus nuancés, les media radios, télé, écrits, et les rumeurs sur Internet.


     Le Hollande bashing a pris une dimension nouvelle depuis l'affaire des bonnets rouges. La critique sévère du président, et de sa politique a laissé place à la description d'une situation à mi-chemin entre le cataclysme et l'insurrection. Le Figaro de mardi ne s'interrogeait plus, par exemple, sur l'hypothèse d'une convergence de l'ensemble des mouvements de mécontentements, il la constatait comme une réalité, en décrivant sur sa une l'extension à toute la France de la fronde des Bretons. Hier le même journal révélait aussi une étude évoquée il y a deux semaines par le canard enchaîné, selon laquelle les préfets observaient dans toute la France "un état de colère et d'exaspération" de l'opinion publique, information reprise en boucle dans les radios et les télés.
      Le même jour le magazine Le Point mettait le Président sur sa couverture avec ce titre : Hollande au bord du chaos.  Sur tous les plateaux la même thématique. Celle du grand soir, une perspective déjà envisagée l'hiver dernier au moment des manifestations contre le mariage homo, mais de façon plus évasive, et plutôt dans la bouche de Christine Boutin que dans les titres de la presse.
     Ces sombres pronostics pour le pouvoir en place s'appuient sur des faits incontestables. Oui les mécontentements sont multiples et multiformes, oui l'équipe en place est brinquebalante, non le Président ne donne pas le sentiment de maîtriser le navire, non la situation économique n'est pas bonne même si Pierre Moscovici essaie d'affirmer le contraire. Il y a un lourd malaise, qui devrait se traduire par des défaites majeures pour la gauche aux municipales puis aux européennes.
     Mais quid de la lutte finale ? Où a donc eu lieu l'immense et renversant rassemblement de toutes les protestations ? Sauf erreur le plus gros défilé s'est déroulé à Quimper, 30 000 personnes est-ce la marée du siècle ? Combien étaient les siffleurs des Champs Elysées ?  100. De combien de personnes sont constitués les commandos détruisant les radars ? Une dizaine. Combien de camions dans les opérations escargots ? Quelques unités.  Quelle grève dans les stades pour les 75% ? Aucune. Combien de grévistes dans les écoles pour ce qui devait être l'implosion sismique de la réforme Peillon ? 25% en France.
     Il y a donc une réalité, celle d'une crise politique, mais aussi une campagne, et des fantasmes, relayés par les medias : ils disent que la révolution est en marche. Nous verrons bien, et nous verrons vite. Si Hollande est encore là le mois prochain, ce qui est quand même probable, c'est qu'une partie de la France prend ses désirs pour des réalités, et que les medias lui emboitent le pas, en prenant les frissons dans le dos pour des informations

     France Culture 7h15 ; France Musique 8h07 ; Twitter @huberthuertas

    

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