Le Sarko nouveau est arrivé : c'est l'ancien

      Bye Bye Grenoble, Bonjour Versailles. A droite, le week-end a commencé, par une bonne grosse polémique, sur les questions d’intégration, façon discours de Grenoble. Il s’achève par une tribune signée Henri Guaino dans le Monde.fr. Il y parle de sentiment, d’émotion, de cœur, de générosité, d’ouverture. Le Sarkozy nouveau est arrivé et c’est l’ancien, celui de 2007.

      Bye Bye Grenoble, Bonjour Versailles. A droite, le week-end a commencé, par une bonne grosse polémique, sur les questions d’intégration, façon discours de Grenoble. Il s’achève par une tribune signée Henri Guaino dans le Monde.fr. Il y parle de sentiment, d’émotion, de cœur, de générosité, d’ouverture. Le Sarkozy nouveau est arrivé et c’est l’ancien, celui de 2007.

       L’affaire dite du « rapport » sur l’Intégration, publié vendredi par le Figaro, avait tout pour nourrir une fureur bien dodue, et le patron de l’UMP s’y est lancé à corps perdu, avant de se taire.

       Il avait pourtant de la matière ! Les synthèses d’étape des groupes de travail sur l’intégration reflètent jusqu’à la caricature un clivage au sein de la gauche socialiste. D’un côté ceux qui réclament une reconnaissance visible des diversités de couleur, d’ethnie, d’histoires, de religion. De l’autre, l’aile majoritaire, qui prône au contraire l’allégeance des différences à la laïcité et à la République une et indivisible.

       Et ce qui frappait dans le débat fracassant de vendredi, c’était l’affrontement classique et violent. La Droite qui reproche à la gauche son angélisme, ou ses calculs vis-à-vis de l’extrême droite, et la gauche qui accuse la droite de jouer les pyromanes, en courant derrière le Front National.

       Et soudain le silence. Plus un mot venu de la droite, et au gouvernement le recadrage présidentiel rappelant qu’il n’était pas question de revenir sur l’interdiction du voile.

       Jusqu’à cette tribune de Henri Guaino, qui parle encore du Front National, mais comme d’une figure, et cette figure a l’air de démonter le Sarkozy façon Buisson pour refonder le Sarkozy façon Versailles, celui du « Petit français de sang mêlé ». Guaino y dénonce le populisme qui « radicalise l’opposition du peuple et des élites », ou « le poujadisme qui « mêle l’anti-intellectualisme, la révolte de la base contre le sommet, les petits contre les gros, la Province contre Paris », en clair tout, tout ce qui a sous-tendu la campagne de son chef en 2012, et qu’il n’a d’ailleurs jamais condamné…

       Il se trouve que ce silence du week-end, puis cette tribune humaniste, interviennent au moment même où le Figaro Magazine, parlant des « Coulisses d’un retour » laisse entendre que Patrick Buisson se sent lâché par Nicolas Sarkozy, et que la Droite populaire s’inquiète.

       Le fait politique de cette fin d’année, confirmé par la polémique avortée, n’est donc pas le retour de l’ancien Président, qui n’est jamais parti, mais la stratégie choisie, celle d’un flash-back de l’ouverture.

       « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » dit le proverbe attribué au philosophe Héraclite. On verra si l’ancien Président le fera mentir. Entre l’homme d’aujourd’hui et le candidat de 2007 il y a d’ailleurs une différence.

       Aujourd’hui, il y pense même sans se raser. C’est une différence de taille ! 

        France Culture 7h15 ; France Musique 8h07 ; Twitter @huberthuertas

       

 

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