Allocations: de l'électricité dans le gaz

Comme le dit l’ensemble de la presse, c’est un dossier explosif. Une affaire d’Etat. Moduler les allocations familiales en fonction des revenus est un chantier sur lequel se sont cassé les dents tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis vingt-cinq ans… Pendant ce temps, le budget des Français se fait croquer par d’autres dents, autrement plus pointues, par exemple le prix du gaz ou de l’électricité, sans que ça ne suscite les mêmes passions.

Comme le dit l’ensemble de la presse, c’est un dossier explosif. Une affaire d’Etat. Moduler les allocations familiales en fonction des revenus est un chantier sur lequel se sont cassé les dents tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis vingt-cinq ans… Pendant ce temps, le budget des Français se fait croquer par d’autres dents, autrement plus pointues, par exemple le prix du gaz ou de l’électricité, sans que ça ne suscite les mêmes passions.

       Prenons dans l’ordre. D’abord les allocations.

       Enjeu 127 euros pour deux enfants. Le gouvernement étudie trois pistes. Fiscaliser ces revenus. Les plafonner. Ou les geler en ne les augmentant plus au rythme de l’inflation, donc les baisser de fait.

       C’est Raymond Barre qui en a parlé le premier en 1987. Il n’a pas été élu. Puis Alain Juppé a repris cette idée en 1995 mais l’a remise dans son chapeau après les manifestations de l’automne. Lionel Jospin a mis en place un plafonnement en 1998, mais l’a retiré 10 mois plus tard devant les protestations de l’opposition et des associations familiales.

       Enfin, pendant la campagne de 2012, Bruno Le Maire, qui rédigeait le programme de Nicolas Sarkozy avait proposé de fiscaliser les allocations mais de les servir dès le premier enfant, tandis que François Hollande avait assuré que « Les allocations n’ont pas à être imposées ».

       Aujourd’hui, donc, la gauche est au pouvoir, et elle envisage de fiscaliser, et la droite ne l’est plus et elle s’oppose à ce qu’elle soutenait. Vieux jeu de rôle un peu lassant des majorités et des oppositions.

       Quels sont les enjeux concrets. Le journal Le Monde a essayé de les fixer. La fiscalisation des allocations ferait augmenter les impôts d’un couple de deux enfants gagnant 3000 euros par mois de 126 euros. Un mois d’allocations, ce n’est donc pas rien.

       Mais comparons avec d’autres dépenses, qui ne sont pas des impôts mais des dépenses obligées. Exemple le prix de l’électricité, dont la commission de régulation de l’énergie a annoncé hier, dans un communiqué qui n’a pas soulevé de vagues, une augmentation de 30% dans les cinq prochaines années.

       Cette électricité, selon une étude de l’Ifri, institut de recherche sur l’information, a déjà augmenté en Europe, depuis 2003 de 70%... S’il payait 100 euros par mois, un particulier avec ou sans enfant paie désormais 170, et bien il paiera 220 euros dans cinq ans, ce qui fait 600 euros de plus par an.

       Révolution copernicienne, big-bang, stupeur et tremblement  pour 126 euros d’impôt avec les allocations, mais rien à dire sur 600 euros supplémentaires sur la facture EDF, cherchez la différence. On dira que les impôts sont obligatoires, tandis que l’électricité, on a le choix. C’est vrai. Il y a le gaz.

       Lui au moins, depuis 1996 il coûte seulement trois fois plus cher…  

       France Culture 7h36 ; France Musique : 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

      

  

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