UMP : Un programme libéral-décomplexé

      Il y a de la méthode Ayrault dans ce que l’UMP a réussi hier : une annonce forte et on verra. Le mois dernier, Ayrault a promis une grande réforme fiscale, dont l’annonce a rassemblé son camp, avant de le diviser. Le séminaire du principal parti de droite a réuni tous les ténors du parti, hier, ce qui n’est pas rien, mais il promet aussi des lendemains compliqués.

      Il y a de la méthode Ayrault dans ce que l’UMP a réussi hier : une annonce forte et on verra. Le mois dernier, Ayrault a promis une grande réforme fiscale, dont l’annonce a rassemblé son camp, avant de le diviser. Le séminaire du principal parti de droite a réuni tous les ténors du parti, hier, ce qui n’est pas rien, mais il promet aussi des lendemains compliqués.

       Il s’agissait de se mettre d’accord sur un programme de mesures d’urgence à mettre en œuvre en cas de retour au pouvoir.

       La force de ce document c’est qu’il donne une identité à cette droite émiettée jusque là. Il la met en rupture avec la social-démocratie, mais aussi en rupture avec elle-même.

       Cet UMP a oublié Patrick Buisson. Il n’y a plus d’urgence sur la viande hallal ou sur le pain au chocolat. L’urgence est économique et sociale, dans une espèce de concours de thatchérisme.

       Plus libéral que moi tu meurs. Si ce programme ne court plus derrière le Front national, il s’est décomplexé sur le libéralisme. Les 35 heures ne sont plus seulement abolies, puisqu’il ne s’agira pas d’en revenir aux 39, l’UMP veut carrément supprimer toute référence à une durée légale.

       Le chômage n’est plus analysé comme l’effet d’un emploi difficile à trouver, mais comme la conséquence d’un manque d’ardeur à en chercher. Sans employer ces mots, l’UMP veut remettre les paresseux au travail en mettant fin à ce qu’elle appelle l’assistanat. Les allocations seront dégressives, les formations obligatoires et déterminées par les besoins des entreprises, et le chômeur devra accepter l’emploi correspondant à cette formation.  

       Le programme veut aussi « libérer la production en France », c'est-à-dire faire confiance au marché, en dispensant les employeurs des contraintes règlementaires ou fiscales imposées par l’état.

       Un Etat qui sera prié de maigrir radicalement, avec un plan d’économie de cent trente milliards d’euros, sous forme de baisses d’impôts, d’économies de fonctionnement, et de baisse de diverses allocations, c'est-à-dire une multiplication par cinq du plan de rigueur imposé par le gouvernement d’aujourd’hui.

       Chaque ligne est une mine en puissance. Une mine d’économie selon le texte, c’est sa force en terme d’effet d’annonce, mais aussi un champ de mines car chaque mesure est explosive, c’est sa faiblesse en terme d’application.

       Mais tant pis, elle le fera, promis, juré, craché.

       La droite a déjà connu cette ferveur libérale dans les années 80, quand elle supportait mal d’avoir perdu les élections,  et puis elle avait composé en revenant au pouvoir, elle avait mis de l’eau dans son vin, avec Balladur, Chirac ou Sarkozy, pour ne pas casser la France

       Mais cette fois c’est fini. La rupture est pour demain, comme avec Balladur, Chirac, ou Sarkozy, avant les élections…     

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