Sarkozy le retour ? Mystère, boule de gomme, et faux-nez...

C’est l’histoire d’un secret nucléaire dont toute la presse aurait le code en faisant semblant de l’ignorer. Nicolas Sarkozy songe-t-il à revenir en 2017 ? L’association des amis de Nicolas Sarkozy qui se réunit ce matin à Paris pour célébrer son action internationale remet le mystère sur le devant de la scène, avec ses boules de gomme.

C’est l’histoire d’un secret nucléaire dont toute la presse aurait le code en faisant semblant de l’ignorer. Nicolas Sarkozy songe-t-il à revenir en 2017 ? L’association des amis de Nicolas Sarkozy qui se réunit ce matin à Paris pour célébrer son action internationale remet le mystère sur le devant de la scène, avec ses boules de gomme.

       Côté media cette énigme haletante fait penser à l’affaire Mazarine dans les années Mitterrand, quand toutes les rédactions de la place de Paris savaient que le Président avait une fille mais ne le disaient pas. Elles n’obéissaient à aucune consigne mais respectaient ce qui ressemblait à une forme de politesse (on ne parlait pas de la vie privée…). Avec l’envie de revanche de l’ancien Président, qui n’a d’ailleurs rien d’illégitime et rien de choquant, on entre dans le même style de jeu de rôle. On fait comme si l’Association des amis n’était pas initiée par l’ami Sarkozy lui-même, comme si Brice Hortefeux agissait sans l’aval et les consignes de son toujours patron, et les confrères bien informés parlent de confidences des conseillers dans leurs articles, alors que le confident initial décroche lui-même son téléphone. C’est une manière polie de préserver sa source, de respecter le off, avec un artifice qui se voit souvent comme un faux-nez, parfois rouge, au milieu de la figure.

       Côté politique cette façon de rôder dans les allées de l’actu est aussi une manière de se rappeler au bon souvenir des siens, et donc de mettre en joue ceux qui seraient tentés d’oublier que l’ancien président peut devenir le prochain, et qu’il détient encore la foudre. Pour les amis, et Nicolas Sarkozy n’en manque pas, ces grand-messes sont des communions, des façons de se ressourcer. Pour ceux qui ont envie de tourner la page, et il y en a beaucoup, elles sont, par contre, une forme d’avertissement : « fais gaffe à tes abattis ». Ainsi tout le monde se rend pieusement à la grand-messe, de Jean-François Copé à François Fillon qui sont pourtant bien décidés à tenter leur chance en 2017.

       Les langues se délient quand même. On a entendu Roselyne Bachelot et sa demande d’inventaire au début de l’été dernier, on entendra très fort Jean-Pierre Raffarin aujourd’hui, dont Françoise Fressoz rapporte les propos dans son blog du journal le Monde. Raffarin explique que le 6 mai dernier la victoire était possible mais que Nicolas Sarkozy l’a rendue impossible, notamment par son exercice solitaire du pouvoir et sa manière, dit-il, de « s’illusionner et de commenter ses performances », comme ses amis le feront encore ce matin.

       Bref, Nicolas Sarkozy, depuis le 6 mai a décidé de revenir, il n’est d’ailleurs jamais parti, tout le monde le sait, et la question n’est pas celle-là. Le mystère est de savoir si en 2017 les français auront envie de ce retour. Et comme personne n’est sûr de la réponse, les amis de Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire lui-même, lui-même, et lui-même, travaillent à faire monter le désir…   

       France Culture : 7h36 ; France Musique 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

       

  

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