Hollande : l'été en pente abrupte

      Pendant que « la droite est aux abois sur la question des valeurs », selon le journal Libération, la gauche est au contact sur des valeurs plus trébuchantes. Le Figaro parle de « cri d’alarme pour les entreprises », le Parisien se demande si « nous payons trop d’impôts », et Les Echos rapportent que « le Medef est dans l’angoisse ».

      Pendant que « la droite est aux abois sur la question des valeurs », selon le journal Libération, la gauche est au contact sur des valeurs plus trébuchantes. Le Figaro parle de « cri d’alarme pour les entreprises », le Parisien se demande si « nous payons trop d’impôts », et Les Echos rapportent que « le Medef est dans l’angoisse ».

       Nous entrons dans l’été névralgique. Après les victoires politiques du printemps François Hollande attaque l’été des chantiers périlleux.

       Les choix qui l’attendent vont transformer son aventure personnelle en épopée, ou en impasse.

       Il a pu le vérifier à Rio. Il provoque une allergie croissante chez les grands leaders libéraux. Angela Merkel, glaciale et dents serrées, lui a donné des leçons d’orthodoxie la semaine dernière, et David Cameron matamore sûr de lui, a déroulé son fameux tapis rouge, comme si sa Grande Bretagne en crise était un paradis fiscal.

       Si François Hollande provoque cet agacement, c’est qu’il incarne une revendication qui monte. Sortir de la spirale des plans d’austérité.

       Cette idée d’une troisième voie entre le précipice de l’endettement, et le puits sans fond de l’appauvrissement, n’est pas inventée par lui, elle émane des peuples en souffrance, les grecs, les italiens, les espagnols, les portugais, mais il se trouve que le Président français est socialiste, que sa légitimité est toute fraîche, et qu’il est le seul dirigeant à disposer de cinq ans ferme. Cette conjoncture le place au centre. Mme Merkel n’est plus le juge suprême, et le catéchisme de la City n’est plus la bible économique.

       Mais il y a un os, et un gros pour Hollande superstar. C’est que le symbole qu’il représente va maintenant se heurter à la réalité. S’il se retrouve en guenilles économiques quand l’hiver sera venu, il pourra toujours brandir ses élections gagnées, il fera rire ses nouveaux amis, de Londres à Berlin.

       Il va donc appliquer son programme. Les commentateurs qui l’attendent au coin du bois sur le coût présumé de ses promesses de père noël se trompent complètement d’époque. Nous ne sommes pas en 1981, la seule promesse d’envergure du candidat Hollande est celle d’un effort bien réparti, qui ramènerait la justice, le moral, et la croissance.

       Comment ? Par la fameuse réforme fiscale. Pendant toute la campagne, cette réforme a été présentée comme La solution. Elle sera votée cet été. Les impôts augmenteront, comme annoncé, mais pour qui, pour quel effet, et en provoquant quelle inévitable levée de bouclier, fiscal en quelque sorte. Nous verrons.

       Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait commencé par un paquet du même nom qui l’avait entraîné par le fond. Celui de François Hollande débute aussi par l’impôt, mais en prenant les choses par l’autre bout. Sarkozy avait creusé des trous en allégeant la barque. Hollande veut alléger le fardeau des déficits, en alourdissant les prélèvements.

Ses partisans rêvent de concorde. Ses ennemis nous prédisent le Concordia.     

    France Culture 7h36, France Musique 8h07, twitter @huberthuertas

   

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