Stupeur et tremblements à la maison Sarkozy

Et de deux…On savait que la retenue de l’UMP dans l’affaire Cahuzac avait quelque chose à voir avec Mediapart. Pavoiser serait revenu à consacrer la fiabilité de ses révélations. Quarante huit heures plus tard on comprend mieux cette élégance. Nicolas Sarkozy est mis en examen dans l’affaire Bettencourt, révélée par la même rédaction.

Et de deux…On savait que la retenue de l’UMP dans l’affaire Cahuzac avait quelque chose à voir avec Mediapart. Pavoiser serait revenu à consacrer la fiabilité de ses révélations. Quarante huit heures plus tard on comprend mieux cette élégance. Nicolas Sarkozy est mis en examen dans l’affaire Bettencourt, révélée par la même rédaction.

       Ainsi l’ancien président dont le désir de retour était un secret de polichinelle retrouve t-il une position d’acteur central dans les affaires de la République, mais pas celle qu’il escomptait. Le voilà confronté aux rigueurs de ce qu’on appelle la jurisprudence Balladur, c'est-à-dire à la contrainte de renoncer à une activité politique quand on est mis en examen, même si l’on est par principe présumé innocent.

       Naturellement sa position fantomatique lui permettra de relativiser les conséquences de cette séquence judiciaire. Il n’a pas à démissionner puisqu’il n’a plus de fonction officielle.

       Pourtant, au-delà des mots et des postures, cette mise en examen est naturellement un coup dur, et même une forme de coup de tonnerre. L’avocat de l’ancien président, Thierry Herzog, s’est d’ailleurs empressé de dénoncer la décision du juge Michel Gentil en la qualifiant « d’injuste et d’incohérente sur le plan juridique », et il va saisir la chambre d’instruction de la cour d’appel de Bordeaux pour former un recours et demander la nullité.

       Une course contre la montre est engagée, qui dramatise d’ailleurs celle que M. Sarkozy avait menée depuis le 6 mai contre ses successeurs éventuels. A chaque événement de l’UMP, dès qu’un rival potentiel, avait des chances de créer l’événement, l’ancien Président sortait de son silence supposé. La dernière fois c’était dans une vraie fausse interview à valeur actuelle deux jours après que François Fillon l’ait qualifié de candidat comme les autres.

       Si son but avait été de bloquer la succession, pour la cueillir au moment opportun, il ne s’y serait pas pris autrement, et c’est précisément ce blocage, ce frein, que la mise en examen desserre soudain, d’autant que le chef d’accusation est ennuyeux, abus de faiblesse sur une vieille dame malade c’est plus gênant que fausse facture ou financement occulte.

       Sauf si Thierry Herzog obtient l’annulation, l’ancien Président se retrouve engagé dans un périple au long cours, qui peut le conduire à un procès. Pendant ce temps le doute s’instillera à l’UMP, le doute qu’il combattait pied à pied, et qui peut ouvrir des brèches à ses concurrents internes, les Fillon, les Bertrand, les Copé, et les autres, aussi tristes les uns que les autres, ma non troppo…   

        France Culture 7h36, France Musique 8h07, Twitter @huberthuertas

        


       

      

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