22 v'la pas le récépissé !

    « Aujourd’hui, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur ont rendez-vous chez le Premier ministre qui doit arbitrer leur différent au sujet des contrôles d’identité ». C’est ce qu’annonçait le 19 avril 1982, à la télévision, le journaliste Yves Mourousi, en parlant de Robert Badinter, et Gaston Defferre. Comme quoi les temps changent mais les problèmes demeurent.

    « Aujourd’hui, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur ont rendez-vous chez le Premier ministre qui doit arbitrer leur différent au sujet des contrôles d’identité ». C’est ce qu’annonçait le 19 avril 1982, à la télévision, le journaliste Yves Mourousi, en parlant de Robert Badinter, et Gaston Defferre. Comme quoi les temps changent mais les problèmes demeurent.

       Les contrôles d’identité continuent de faire parler d’eux, et l’affaire du « récépissé » continue de faire des vagues. Manuel Valls veut l’enterrer, comme les policiers qui n’y voient qu’un tracas administratif et une marque de défiance. Mais le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault n’est pas forcément d’accord, il sait que la question du contrôle au facies n’est pas un fantasme, et qu’il est l'objet d'un autre tracas, et une d'une autre défiance, ressentis par des millions de jeunes « français de la diversité », comme on dit…

       Ce qui frappe en ce jour de rentrée parlementaire, et sur l’ensemble de l’échiquier politique, c’est en fait la résurgence d’un clivage qu’on disait rabougri. Le clivage « droite-gauche ».

       Il rattrape le gouvernement. L’affaire du récépissé naturellement, qui ressuscite l’éternelle tension entre police et justice, mais aussi le débat sur le Smic, à la Une de Libération ce matin. La gauche de la gauche y tient, et tient à son coup de pouce, la droite du PS est plus sceptique, et pense au fond d’elle-même que les effets pervers du Smic sont supérieurs à ses effets positifs…

       Mais le clivage droite-gauche travaille aussi l’ancienne majorité, et de façon encore plus spectaculaire. A quoi correspond « le droit d’inventaire » réclamé par les orphelins du sarkozysme, ou encore cette « réflexion sur les valeurs » engagée par l’UMP dans la bataille Fillon-Copé, sinon à la critique de la « Droitisation » de la Droite.

       Et au Front National, que symbolise l’avocat Gilbert Collard sinon à ce qu’on a appelé la dédiabolisation engagée par Marine le Pen par rapport à son père, et qui n’est qu’un autre nom de « désextrêmedroitisation » d’un parti qui se réclame de la droite, et même du peuple, jusqu’à envisager de passer l'arme à gauche.

       Tournez vous vers l’extrême-gauche, où vers les écologistes, vous trouverez les mêmes tensions sur le même élastique, entre les appels à ne pas transiger avec ce qu’on est, et l’idée des réalistes : mettre un peu d’eau dans son vin.

       Partout le même débat, trop à gauche à pas assez, trop à droite ou plus au centre, alors même qu’aux élections la notion de gauche et de droite est toujours déclarée caduque, mais toujours ressuscitée le soir des résultats, et sans cesse ravivée quand les nouveaux pouvoirs, ou les nouvelles oppositions, se mettent en place, comme ces temps ci.

       Partout les mêmes tensions, et partout la recherche du fameux point d’équilibre, qui se trouve au centre, lequel vous le savez bien, n’existe pas en politique...

        France Culture 7h36, France Musique 8h07, Twitter @huberthuertas

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