Les amalgames de Mediapart

Mediapart, c'est l'amalgame et le réquisitoire sans preuve. Voilà ce que disent ses procureurs, au moment où le journal fête son cent millième abonné. Conscients de nos fautes, nous avons décidé de faire amende honorable. Les dernières aventures de Nicolas Sarkozy nous en fournissent l'occasion.

Mediapart, c'est l'amalgame et le réquisitoire sans preuve. Voilà ce que disent ses procureurs, au moment où le journal fête son cent millième abonné. Conscients de nos fautes, nous avons décidé de faire amende honorable. Les dernières aventures de Nicolas Sarkozy nous en fournissent l'occasion.

 

Depuis six ans, Mediapart aurait donc diffamé tous azimuts. À gauche et à droite. Cahuzac accusé sans preuve, comme chacun le sait, Aquilino Morelle qui n'a jamais tâté du conflit d'intérêts, Jean-Christophe Cambadélis dont le parcours universitaire est clair comme de l'eau de roche.

Mais la victime en chef, c’est le pauvre Nicolas Sarkozy.

Dans l’affaire Kadhafi, par exemple, s'étonner de l'accueil impérial fait au dictateur en décembre 2007 puis de sa soudaine liquidation, en 2011, c'est faire preuve d’égarement. Rien ne peut surprendre un homme honnête dans le contraste entre la tente somptueuse installée dans les jardins de l’hôtel Marigny, et la mort violente à la sortie d’une bouche d’égout, à Syrte.

Circulez, y a rien à dire.

De même, dans l’affaire Bettencourt, imaginer une quelconque relation entre une vieille dame milliardaire, un peu perdue, un gestionnaire de fortune, qui lui réclame un voilier, un ministre qui le décore et dont la femme est l’employée du décoré, tout cela relève à l’évidence de l’amalgame, du parti pris, et de la mauvaise foi.

Plus récemment, en rapportant certaines écoutes téléphoniques, Mediapart a encore franchi les bornes, avec un amalgame entre un ancien président, Nicolas Sarkozy, et un inconnu, un certain Paul Bismuth, comme si c’était le même homme.

Un délire pur et simple.

Et pourquoi, tant qu'on y est, ne pas soutenir qu'il existe un rapport entre Sarkozy et l'UMP ! D'ailleurs, c'est ce que fait Mediapart avec une imagination qui touche à la mythomanie ! À lire notre journal, l'ancien président serait en effet concerné par l'affaire Bygmalion.

Fabuleux raccourcis, qui s'appuient une fois de plus sur une série d'amalgames.

Depuis 2004, et le fameux « Bonne chance papa », Sarkozy tenait tout à l'UMP. Et alors ?

Quand il est devenu président en 2007, Sarkozy a décidé qu'il n'aurait pas de successeur au parti, mais qu'il nommerait un secrétaire général afin d'en garder le contrôle absolu. Et alors ?

En 2012, l'explosion de ses comptes de campagne a été dissimulée par un système de fausses factures imposées par l'UMP à la société Bygmalion. Et alors ?

La campagne était celle de Nicolas Sarkozy. Et alors ?

Est-ce qu'il y a un rapport entre l'essence et le moteur ? Un rapport entre le moteur et la voiture, entre la voiture et le conducteur ? Un rapport entre l'eau claire et les jambes de Lance Armstrong, entre les jambes et la tête, entre la tête et les jambes ?

À force de raccourcis, Mediapart voit des affaires partout.

Si Sarkozy devait être élu en 2017, ce journal serait même capable de réclamer des comptes au président, à propos de la République.

Quelle horreur…

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