Marché du travail : François Hollande face à lui-même ?

En mettant la pression sur les partenaires sociaux, syndicats et Medef, François Hollande s’est mis une épée dans les reins. Si aucun compromis n’est trouvé le 10 janvier sur la réforme du marché du travail, il devra forcer sa nature, et décider à la place des négociateurs, qui ne paraissent pas sur la voie d’un accord.

En mettant la pression sur les partenaires sociaux, syndicats et Medef, François Hollande s’est mis une épée dans les reins. Si aucun compromis n’est trouvé le 10 janvier sur la réforme du marché du travail, il devra forcer sa nature, et décider à la place des négociateurs, qui ne paraissent pas sur la voie d’un accord.

Comment apporter de la souplesse aux entreprises dans le contrat de travail, tout en apportant des protections, donc une forme de rigidité, aux salariés. C’est l’enjeu de cette négociation. En clair, comment traduire en français la fameuse « flexi-sécurité » dont on vante les mérites en langage d’Europe du Nord.

L’idée défendue par le Medef, c’est que plus les entreprises pourront s’adapter aux aléas et aux imprévus du marché du travail, et plus elles créeront d’emploi. En somme, plus un emploi serait facile à supprimer, et plus il serait simple à créer.

Une logique dans laquelle les syndicats entrent d’autant moins que les compensations, au stade actuel de la négociation, seraient renvoyés à plus tard. Pour la CGT, très méfiante, le Medef propose de l’huile de ricin à l’occasion de la trêve des confiseurs, Force Ouvrière dénonce l’intransigeance patronale et ne voit se dessiner aucun compromis, et la CFDT, qui a placé beaucoup d’espoir dans cette négociation constate qu’elle n’avance pas sur un point essentiel : Avec la CFTC elle voudrait taxer les entreprises qui multiplient les CDD de courte durée, mais Laurence Parisot, prise en tenaille entre son aile dure, et une frange plus conciliante de son organisation, assure que ce dispositif ne ferait qu’alourdir le coût du travail en France.

Bref on est loin, très loin de l’accord que l’Elysée avait présenté comme un cap historique, et exemplaire de sa méthode. Initialement le Chef de l’état avait donné jusqu’à la fin 2012 aux partenaires sociaux pour mettre au point cette réforme du marché du travail. Il a reporté l’échéance de trois semaines.

Si rien ne se passe d’ici là, ce qui est possible, voire probable, il devra trancher dans le vif.

Comme il a déjà consenti de nombreuses concessions au patronat avec son plan sur la compétitivité, on voit mal comment il évitera de lâcher du lest en direction des syndicats, ce que le patronat vivra naturellement très mal.

L’utopie hollandaise de la synthèse aura vécu

On entrerait dans un conflit ouvert à côté duquel les polémiques actuelles sur les évadés fiscaux feraient figure de mélopée sentimentale.

En ce début 2013, quel embarras, le Président serait contraint de faire le Président…

France Culture : 7h36 ; France Musique : 8h07 ; Twitter : @huberthuertas

       

        

      

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