Commissions "ça brille" et Commissions "ça brûle"

Ils sont marrants les présidents français. Quand ils sont candidats ils savent, ils tranchent, ils ont réponse à tout, et ils dénoncent les experts. Une fois qu’ils sont élus ils s’interrogent, ils créent des commissions, ils font appel aux spécialistes, et la mise en place de la commission sur les retraites, hier, n’est que le nième avatar de ce syndrome envahissant.

Ils sont marrants les présidents français. Quand ils sont candidats ils savent, ils tranchent, ils ont réponse à tout, et ils dénoncent les experts. Une fois qu’ils sont élus ils s’interrogent, ils créent des commissions, ils font appel aux spécialistes, et la mise en place de la commission sur les retraites, hier, n’est que le nième avatar de ce syndrome envahissant.

       Commission de sécurisation de l’emploi, mission sur la compétitivité, rénovation de la vie publique, moralisation, mission d’évaluation sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, plan quinquennal sur les sans abris, acte 2 de l’exception culturelle, il y en a pour tous les gouts.

       Au point que la droite se moque. Elle rigole. Elle a la mémoire courte. Elle a oublié les commissions Sarkozy sur la maladie d’Alzeimer, le Grenelle de l’environnement, le livre blanc de la défense, la commission Attali sur la croissance, la commission sur la réforme hospitalière, sur l’évolution du métier d’enseignant, sur les nouvelles télés publiques, sur l’image de la femme dans les médias, sur la mesure de la performance  économique, et même, en guise de raton laveur, la commission consultative sur le choix du nouveau directeur de l’académie française.

       Pourtant tout n’est pas figé au pays des commissions de la république. Elles ont changé depuis les commissions cimetière de Clémenceau, vous savez : « Quand je veux enterrer un problème je crée une commission »

       La preuve : les commissions de François Hollande ne sont pas de même nature que celles de Nicolas Sarkozy.

       Sarkozy, le plus souvent, c’était des commissions « ça brille », alors que Hollande ce sont des commissions « ça brûle ».

       Sarkozy c’était « Attention mesdames et messieurs dans un instant ça va commencer », battez tambours, vous allez voir ce que vous allez voir, et on passait à la suivante, Al Gore chassait Atali avant d’être soufflé par Stiglitz ou par Edgard Morin

       Hollande c’est différent. C’est plutôt feu aux fesses ou « chaud devant ». Comment faire passer la pilule, comment prendre un virage en disant qu’on va tout droit...

       Ainsi la mission Jospin, qui a permis de parler du non Cumul en le renvoyant à plus tard, ainsi  la mission Gallois qui a mis en avant la notion de compétitivité qu’on avait mise en arrière pendant la campagne.

       Les commissions Hollande ont pour objet de refroidir les problèmes, d’éviter les incendies, mais elles les provoquent parfois. Avec ses fuites, la commission Gallois était ainsi devenue une bombe incendiaire pour le gouvernement. La commission sur les retraites a toutes les chances de provoquer les mêmes effets, car elle proposera inévitablement de repousser l’âge de départ que le Président s’était engagé à ramener ou à maintenir, et tant elle aura l’air de mériter son nom : commission sur la retraite, en rase campagne…

       France Culture 7h36 ; France Musique 8h07 ; @huberthuertas

      

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.