Lettre à la rédaction : clarifiez les motifs de vos différends avec JLM et FI, svp !

Article après chronique après édito, Mediapart maltraite la FI et son leader. Le fiel y recouvre l’analyse. Si on y apprend la détestation particulière dont ils sont l’objet, on continue à en ignorer les motifs. Circonstance relevée par de fort nombreux lecteurs. Ce texte est un appel, adressé à cette même Rédaction, qu'enfin, elle s'en explique. Puisse-t-elle l'entendre …

Mediapart !! Mediapart !!

Entendez vos lecteurs, "les seuls à pouvoir nous acheter" dit un de vos slogans …

Entendez les. Ne faites pas les sourds à la mode Macron-monarque-Jupiter. Entendez leur requête, moultes fois prononcée, déclinée, répétée, variée, reprise, hurlée, chantée, mélopée, dansée, extasiée, entonnée, récitée, poémée et j'en passe …

Entendez cette requête, simple : racontez-nous vos motifs de haine de JLM et LFI. Qu'on sache votre problème, votre souffrance peut-être, le motif du différend à l'origine du privilège en maltraitance que vous leur infligez. Jamais vous n'avez été si cavalièrement  démolisseur envers aucun autre mouvement. Lorsque vous critiquiez le Hollande Elyséen, vous donniez à voir un dossier politique lourd, des malversations, des affaires, etc. Mme Le Pen a bien plus rarement le privilège de vos éructations.

S'agissant de la démolition JLM-FI : rien, le dossier est vide; ou plus exactement, celui que vous "construisez" tourne autour de pacotilles, d'insignifiances et de faux-semblants. Rien de sérieux. Rien qui puisse faire accroire à un quelconque lecteur que ce sont là, vraiment, les motifs-sources du contentieux que vous alimentez chronique après pseudo-enquête (P. Graulle en est une experte absolue et vous l'avez engagée pour cela, malheureusement … Elle s'était déjà spécialisée sur ce créneau chez Politis, où vous l'avez débauchée, je présume…), après édito fielleux, etc.

Entendez  vos lecteurs … Dites-nous les choses, qu'on comprenne.

Comprenez aussi que c'est grave : on en vient à douter de tout ce que vous écrivez. Quel cadavre caché dans quel placard leur fait écrire ça plutôt que cela, se demande-t-on plus que fréquemment ? C'est la foi en votre véracité qui est en jeu … Vous admettrez que ce n'est pas rien, tout de même.

C'en est au point où, très fréquemment, j'en apprends plus en lisant les commentaires que vos articles. Situation parfaitement anormale à mes yeux. Que vous puissiez vous en contenter me conduirait à penser que vous ne faites plus ce "journal en ligne" pour informer, mais juste pour les "avantages associés"; proportionnels aux recettes encore en croissance si on en croit votre rapport financier triomphal récent.

Bref: que la corruption vous aurait gagnés; qu'elle se serait emparée de vous; qu'elle aurait raison de vos décisions, de vos choix rédactionnels et éditoriaux.

Je ne peux m'y résigner.

Entendez  vos lecteurs … Clarifiez-vous sur cette affaire – qui pollue littéralement vos articles. J'en viens à ne plus lire Arfi, par exemple, à cause des rodomontades grotesques de son article sur JLM au moment des perquisitions (doublées d'un silence total sur les perquisitions … que ne rachetait pas la contribution de F. Bonnet, honnête, elle, mais bien timide à côté du fiel déversé dans le dit article de Arfi – fiel à mes yeux inadmissible de la part d'un professionnel: un journaliste n'a pas droit, lorsqu'il écrit pour ses lecteur.es, à ses petites haines personnelles. A mes yeux, M. Arfi s'est discrédité, comme M. Déléan en faisant un copié-collé de son article d'il y a quelques mois sans le dire).  Si vous avez du respect pour vos lecteurs, alors vous devez vous en expliquer. A défaut, vous nous traiteriez comme de simples vaches à traire dont l'unique rôle est d 'apporter notre écot au financement de la machine.

Si vraiment nous ne sommes que cela, pour vous, la confiance que nous plaçons en vous, encore,va s'éroder au point de nous faire envisager de ne plus placer notre confiance en vous, précisément. Chantage? Non, déception qui pourrait aller jusqu'à l'abandon de la participation à cette entreprise, gangrénée par la corruption, la facilité, la médiocrité – tant intellectuelle que morale et politique.

Non sans tristesse. Mediapart, c'était une belle énergie de vérité et d'émancipation. ça valait le coup d'y aller, de l'accompagner.

C'était ? Le jour où décidément l'imparfait s'imposera verra nombre de lecteurs abandonner la barque.  Vous en êtes les principaux dépositaires. Si vous étouffez cette énergie, c'est tout le soufflé Mediapart qui s'effondrera.

A bon entendeur …

Entendez, entendez vos lecteurs, par pitié, par respect de vous comme de nous.
D'avance, un immense merci pour ces lumières.

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