Adieu l'ESPOIR !

Ce n'est pas un simple échec, c'est une profonde défaite. Le temps qui passe va aggraver tous les aspects de la possibilité même d'échapper au désastre.

Ils ont gagné. Les gens de droite et d'extrême-droite ont gagné. La fausse gauche hypocrite, celle des Valls, Hollande, Duflot, Jadot, a gagné. Mais aussi, parmi ceux qui se prétendent favorable à l'émancipation, les gens intelligents, fins, les Marlière, Corcuff, Perrault, ont gagné.

Ceux-là surtout ! Ils ont menti, ils ont calomnié : "chef césariste, ami de Poutine, complice de Bachar"... Ils ont gagné.

L'espoir à perdu.

Les millions de chômeurs ont perdu. Les précaires seront, dans les années qui viennent, plus nombreux. Les expulsés, les gens qui dorment dehors, ceux qui se suicideront au travail : ils ont perdu l'espoir.

Les services publics seront laminés. Le code du travail sera écrasé. Les conquêtes sociales de 1945 seront enterrées. Les actionnaires, l'argent sera au pouvoir plus encore qu'hier. Les lobbys, l'agriculture chimique, bancaire et industrielle seront plus puissants. On respirera plus mal dans les grandes villes. La nourriture sera plus infecte, plus infestée de perturbateurs endocriniens et de produits cancérigènes.

La désindustrialisation du pays va se poursuivre et s'accélérer. Les entreprises les plus brillantes seront vendus à des trusts étrangers.

La soumission aux politiques d'austérité dictées par l'UE sera plus profonde. La fragilité de l'économie mondiale en sera très nettement augmentée. 

L'engagement de notre pays dans des aventures militaires néocoloniales va être multiplié, et cet engagement brouillon et vorace comporte des dangers de guerre.

L'espoir est mort. Macron, élu, échouera comme Hollande et la roue tournera, mais l'horloge tourne aussi. La société se dégrade, se délite, le mensonge est chaque jour plus puissant, l'économie est chaque jour plus profondément parasitée et fragile. L'environnement est chaque jour plus empoisonné.

Le danger de guerre généralisée est chaque jour plus grand et plus lourd.

Les "optimistes" diront que le mouvement immense que nous avons bâti (plus de 450 000 engagements) porte l'espoir de demain, qui s'exprimera aux législatives. Sans doute, mais il est vrai aussi que la défaite engendre la division.

D'autres "optimistes" vont nous parler de la grève et du troisième tour. Eux, qui ont méprisé les enjeux du combat "électoral", ne savent sans doute pas combien coûte une grève dans une famille de travailleurs.

L'espoir que notre pays contribue à sauver la civilisation humaine, est mort. 

 

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