Premières réflexions

En effet, nous avons échoué. Que de 2012 à 2017 le score de notre candidat ait progressé de 75% (passant de 11,2% à 19,6%) n'empêche pas que, pour un certain temps (en principe cinq ans) la dégradation sociale, industrielle, économique, écologique, démocratique, va s'accentuer, avec au dessus de tout le danger accru des aventures militaires.

Premières réflexions sur les causes de notre échec.

Donc, nous avons échoué : pourquoi ?

1 J'écarte les banalités paresseuses du style « les français ne sont pas prêts » ! Ça n'a aucun sens (voir plus loin les résultats dans les grandes villes!).

2 J'écarte également les récriminations du style : « les médias nous ont bombardé de calomnies sur Chavez, sur Poutine, etc ».Evidemment ! Pour quelle raison les médias, qui sont aux mains des oligarques, nous épargneraient quoi que ce soit ?

3 Il ne me semble pas utile non plus d'attribuer la cause de l'échec sur les candidatures de Benoit Hamon, Poutou, Arthaud. Ces candidatures étaient archi légitimes et le « vote utile » en faveur de notre candidat les a essorées.

4 Il y a certainement eu quelques erreurs ou insuffisances dans notre campagne, tant de la part de notre candidat que de ceux qui ont fait comme nous la campagne avec lui. Mais je crois que ces erreurs furent au total minimes. La campagne fut remarquable, très bien menée.

Elle a rencontré un extraordinaire succès en particulier dans les villes. Mélenchon est premier à Lille (29,92%) : à Marseille (24,82%), à ST Etienne (24,94%), Avignon (28,36%), Montpellier (31,46%), Toulouse (29,16%), Nimes (23,99%), Argenteuil (33,89%), Gennevilliers (47, 09%), premier dans le département de la Seine-St-Denis (34,03%).

Il est second à Strasbourg (24,36%), Rennes (25, 86%), Brest (22,80%), Bordeaux (23,40%), Le Creusot, Valence, Angoulême, etc.

5 Selon moi, la cause de notre échec est simplement due au fait que nous ne sommes pas encore assez implantés dans le pays. Notre mouvement est neuf, il n'a aucun député, et très peu d'élus. Le mouvement de Macron est également prétendu neuf, mais Macron a ramassé dans les poubelles de l'histoire des quantités de gens, élus, députés, etc, issus du PS, de la droite et du centre. La comparaison est impossible surtout parce que Macron, c'est la banque, c'est l'UE et c'est l'oligarchie.

Macron a obtenu, je crois, près de 3000 parrainages ! Alors que nous avons eu plus de mal que Lassalle (!) pour obtenir nos parrainages...

 

Le Front de Gauche était extrêmement dépendant du PCF dont l'attitude fluctuante et ambigüe nous a déconsidérés auprès des électeurs progressistes (voire les régionales).

Le PCF, c'est quelques milliers de militants de terrain très estimables et efficaces, mais un parti à vau l'eau quant à la politique.

La FI est un mouvement complètement neuf et très sommairement structuré, même si, grâce au programme, il n'est pas désarmé intellectuellement.

Le seul engagement pris par les 430 000 signataires, c'était de soutenir la candidature de Mélenchon.

Nous sommes donc à un nouveau point zéro : tout est à faire. La FI existe-t-elle encore ? Ce sera à nous de voir. Notre résultat a été obtenu par quinze mois d'activité, en partant d'une situation de ruine : celle des élections régionales. C'est un délai beaucoup trop court.

Nous devons nous implanter dans les communes, nous battre maintenant dans toutes les élections intermédiaires : européennes, municipales, départementales, régionales.

Mais sous quelle bannière ? Les prochains mois le diront.

Que faire ?

Nous allons avoir tout de suite la consultation sur le second tour. Pour ce qui me concerne, je ne voterai pas au second tour. Pourquoi ? Parce que je pense que l'alarme hystérique qui nous bassine avec « voter pour battre Le Pen », est injustifiée. Le Pen, c'est la perspective d'un certain chaos et un risque d'affrontements (Macron aussi,en fait), mais ce n'est pas le fascisme, même si elle a autour d'elle quelques voyous fascistes. Le fascisme, ce sont « des bandes armées au service du grand capital ». Relire ce qu'on été les années trente en Allemagne, les années vingt en Italie. Le FN, c'est très différent, s'il faut le rapprocher de quelque chose, c'est du gouvernement réactionnaire hongrois : Viktor Orban.

Je ne voterai pas pour Le Pen, ni pour Macron, dont le programme reprend terme à terme le contraire de ce que je crois. 

Les législatives. Il n'est pas question, aujourd'hui, de donner une majorité au président, mais d'avoir des députés pour résister.

Je suis favorable à des candidatures d'unité aussi large que possible, FI, PCF, PS-tendance Hamon, EELV.

Dans ce but je crois qu'il faut dans les localités des réunions assez rapides de gens de ces courants. Il peut être bon d'associer même des courants très minoritaires : NPA, etc.

L'objectif devrait être de dégager quelques axes de campagne sur lesquels le candidat commun s'engagera à lutter.

  • Pour exiger de l'UE : harmonisation fiscale, harmonisation sociale, possibilité d'investissements massifs, mise à distance des lobbys, protectionnisme intelligent pour favoriser les productions locales.

  • Contre toute nouvelle remise en cause du droit du travail

  • Pour un processus rapide permettant la fermeture des centrales nucléaires et la substitution par des énergies renouvelables.

  • Pour la hausse des minimas sociaux et le soutien aux luttes des travailleurs.

  • Pour la démocratie, contre l'état d'urgence.

  • Contre toute aventure militaire.

     

Le choix du binôme candidat devrait tenir compte de l'implantation locale et de la notoriété acquise par l'excellent score de notre candidat.

Dans mon esprit ce travail unitaire vaut pour toutes les élections à venir.

 

 

 

 

 

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