Iran : la contestation contre le régime soutenu par des organisations françaises

Suite à la répression sanglante menée par le régime de Téhéran contre la population civile, plusieurs associationd françaises ont organisé une manifestation le 2 décembre à Paris.

Les manifestations contre la hausse des prix des carburants et la cherté de la vie ont laissé la place à une colère populaire contre le régime en place. © siavosh hosseini Les manifestations contre la hausse des prix des carburants et la cherté de la vie ont laissé la place à une colère populaire contre le régime en place. © siavosh hosseini

L’événement, qui se tiendra à la Place du Trocadéro dans la capitale française, est soutenu par la Fondation Danielle Mitterrand-France Libertés, l’Association Amitié Franco-iranienne, l’Association des femmes iraniennes en France, le Comité français pour un Iran démocratique (CFID), le Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), le Comité de soutien aux Droits de l’homme en Iran (CSDHI) et le Comité des Maires de France pour un Iran démocratique.

La décision de l’organisation de ce mouvement est intervenue à la suite de multiples appels de la Résistance iranienne aux organisations de défense des droits humains, à la communauté internationale et à l’ONU sur la répression en cours en Iran depuis plusieurs semaines. Les messages exhortaient l’ONU à dépêcher des missions d’enquête dans le pays pour que la lumière soit faite sur les crimes perpétrés par le régime des mollahs au pouvoir depuis 40 ans.

Voilà maintenant plusieurs jours que les contestations ont démarré en Iran. Depuis le 15 septembre, en effet, la population civile, exaspérée par la crise économique et sociale très profonde dans laquelle est plongé le pays, est descendue dans la rue pour manifester contre le pouvoir en place. Si les premières vagues de manifestations se sont d’abord limitées à Téhéran, la capitale, 187 autres villes du pays ont très rapidement été touchées, elles aussi.

Les manifestations contre la hausse des prix des carburants et la cherté de la vie ont laissé la place à une colère populaire contre le régime en place. La population iranienne exige la destitution d’un régime jugé autocratique et totalement despotique. Elle lui reproche de ne pas faire du développement économique du pays une priorité, alors même que le régime est accusé de soutenir des mouvements terroristes responsables de la déstabilisation dans de nombreux États voisins.

À l’issue de ces manifestations, 750 morts ont d’ores et déjà été dénombrés au 3 décembre auxquels s’ajoutent 10 000 arrestations et 4 000 personnes blessées. La répression du pouvoir est menée par les forces répressives gouvernementales composées des Gardiens de la révolution et des agents du ministère du Renseignement (VEVAK).

Les faits rappellent ceux ayant fait suite à la répression de 1988 qui a coûté la vie à près de 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart, membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), la seule force d’opposition du pays. Tous avaient alors été exécutés à la suite de procès sommaires, sans aucun respect des procédures judiciaires conventionnelles.

Il semblerait bien que le peuple iranien revive ce sombre épisode de l’histoire politique et sociale du pays, alors même que plusieurs hauts responsables gouvernementaux condamnent durement les manifestations en cours. À la tête du pouvoir judiciaire, et de l’ignoble commission de la mort de Téhéran qui a ordonné les massacres en 1988, Ebrahim Raïssi a promis le 22 novembre un traitement avec « la plus grande sévérité » aux manifestants responsables de l’insécurité et des dégâts causés aux biens publics.

Ahmad Khatami, l’imam de la prière du vendredi à Téhéran, n’a pas manqué de s’exprimer sur la crise en cours actuellement, évoquant des accusations d’« inimitié contre Dieu » à l’encontre des 10 000 personnes arrêtées qui méritent, selon lui, la peine de mort.

Les propos d’un autre haut responsable du régime de mollahs ont été rapportés par Human Rights Watch. Dans une déclaration faite le 23 novembre à l’IRNA, une agence de presse officielle, le représentant du bureau du Guide Suprême au Khouzistan, Mohammadnabi Moussavi, a affirmé que tous les contestataires contre la hausse des prix du carburant, responsables des émeutes qui dégraderaient des biens publics « devraient être exécutés ».

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