Iran: la condition féminine

Les islamistes s’opposent violemment au développement des valeurs de la modernité fondées sur la démocratie, les droits humains et l’égalité hommes-femmes. Le caractère totalitaire du pouvoir islamiste crée un sérieux obstacle au développement de la société.

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Les Iraniennes se sont réjouies du refus des  hôtesses de la compagnie Air France de « porter un pantalon durant le vol, des vestes amples et un foulard recouvrant les cheveux à la sortie de l’avion » en arrivant à Téhéran. C’est ce qui leur est demandé dans note interne à la veille de la reprise des vols vers l’Iran, le 17 avril.

Lors du Grand Jury RTL, l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon a estimé que les salariées d'Air France ont le droit de refuser de porter un voile en Iran, car, selon lui, ce n'était pas aux Français de "s'abaisser" aux "mœurs étranges" d’un tel ou tel régime.

Pour les militantes iraniennes, c'est une occasion de jetter la lumière sur le sort des femmes en Iran. Pour eux, il  ne s’agit ni de loi, ni même de religion, mais d’une vision obscurantiste qui prive les femmes de leur droit et de leur humanité. Les hôtesses d’Air France ont reçu le soutien de Maryam Radjavi, dirigeante de la Résistance iranienne, qui a fait de l’égalité des femmes le moteur de l’opposition à la dictature intégriste en place en Iran. Elle a déclaré sur un tweet : 

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Les intégristes islamistes au pouvoir en Iran s’appuient sur une division sexuelle  pour créer des contraintes. Or le Coran souligne qu’il n’y a pas de contrainte en religion. Tout dans l’islam est fondé sur le libre-choix, la connaissance et la responsabilité, des critères qui ne connaissent pas de différence en matière sexuelle.

Récemment, la Journée internationale des femmes a été une occasion de célébrer le combat des Iraniennes contre les discriminations et pour l'égalité. Depuis l'accession de Rohani à la présidence, d'autres lois "anti-femme" ont été adoptées. L'une d'elles en l'occurrence a suscité l'indignation générale : la légalisation du mariage entre un père et sa fille adoptive. Cette loi a été mise en œuvre par le gouvernement Rohani le 19 novembre 2013. Une loi où le rôle du père est confondu avec celui du mari et avec laquelle les enfants ne peuvent être en sécurité, une loi qui légalise la pédophilie et normalise le crime, selon les militants des droits humains. Rappelons en outre que l’âge légal de mariage pour les filles avait été élevé à 18 ans en 1974, mais en 1979 les mollahs l'ont abaissé à l'âge douloureusement précoce de 13 ans.

En Iran, une femme vaut la moitié d’un homme dans le droit à l’héritage, mais aussi dans un code pénal reposant sur la Loi du Talion qui prône un châtiment équivalent au crime commis. Les représailles prévues par la loi ne sont d’ailleurs pas égalitaires selon le sexe de l’accusé. Ainsi, le châtiment du crime commis à l’égard d’une musulmane sera apprécié à l’aune du statut inférieur de la femme, et le dédommagement qu’elle obtiendra ne pourra excéder la moitié de celui qui serait accordé à un homme dans les mêmes circonstances. Les femmes se voient également interdire l’exercice du métier de juge, qui demande d'après les mollahs des facultés mentales que les femmes ne posséderaient pas. En justice, le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un seul homme. 

 

Le code de la famille

Le code de la famille affirme l’infériorisation de la femme. Il accorde des droits supérieurs à l’homme dans le divorce et dans la garde des enfants et lui ouvre un vaste champ de liberté sexuelle via l’autorisation de la polygamie, et,  pour les chiites, du « mariage temporaire ». Pour les femmes, les rapports sexuels hors mariage sont prohibés et l’adultère réprimé par la lapidation. Le contrôle de la sexualité féminine constitue la garantie de la chasteté même de la société. Ce contrôle, symbolisé par le port imposé du voile, est relayé par des mesures législatives et sociales.  Ainsi, dans l’Iran actuel, la femme a le devoir de se soumettre aux désirs et aux décisions du mari dans le choix du domicile et dans ses fréquentations et ses loisirs.  

Elle ne peut exercer un métier ni voyager à l’étranger sans l’autorisation de son mari. À l’intérieur du pays, les femmes qui voyagent seules sont contrôlées par les représentants de la « lutte contre la corruption des mœurs ». Le contrôle des femmes passe aussi par les mesures leur interdisant de chanter et de danser dans l’espace mixte, car leur corps et leur voix provoqueraient des désirs illicites. Elles ne peuvent pratiquer de sport dans les lieux publics ni participer à des compétitions sportives mixtes nationales et internationales, sauf dans quelques disciplines (équitation, ski, tir, échecs) et les épreuves pour handicapés, uniquement parce que les vêtements spécifiques aux disciplines autorisées peuvent être conçus de façon à cacher les formes féminines et que les mouvements du corps dans les jeux des handicapés sont limités.

Outre le domaine sportif, les mesures ségrégatives annoncées et mises en place pour garantir la non-mixité conduisent à la généralisation du contrôle répressif des individus, et les femmes en sont les premières victimes. Ce système nourrit et propage quotidiennement les représentations sexistes et misogynes contre lesquelles les femmes les plus conscientes se battent sans répit. Représentations sexistes et misogynes

Ce combat a commencé dès l’arrivée des islamistes au pouvoir et s’est sans cesse élargi, alors que les réformes arrachées par les contestations se révèlent infimes. Un exemple significatif à ce propos est fourni par la question de l’âge du mariage pour les femmes. Une des premières initiatives du pouvoir islamiste après son instauration a été de supprimer toutes les lois promulguées sous le régime du Chah pour réformer le statut personnel des femmes. L’âge du mariage pour les filles avait été élevé à 15 ans en 1967, puis à 18 ans en 1974. Mais en 1979, les islamistes au pouvoir abaissent l’âge de mariage pour les femmes à 13 ans. 

Les islamistes s’opposent violemment au développement des valeurs de la modernité fondées sur la démocratie, les droits humains et l’égalité hommes-femmes. Le caractère totalitaire du pouvoir islamiste crée un sérieux obstacle au développement de la société. 

La démocratie est la condition sine qua non de la liberté des femmes et de leurs accès aux droits fondamentaux. La lutte pour la démocratie a besoin du soutien des forces démocratiques et des défenseurs des droits humains et de la liberté des femmes, partout dans le monde.

 

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