Etats-Unis / Iran ; montée des hypocrisies

La sphère médiatique se fait l’écho de l’escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis sur fond de sanctions économiques. La ‘problématique iranienne’ souffre d’une polarisation du débat exclusivement centrée sur la légitimité de telles sanctions portées par la politique de Trump. A aucun moment, ces médias ne relèvent la position du peuple. Ses souffrances, ses espoirs….

Pour un Iran libre et démocratique © rostam Pour un Iran libre et démocratique © rostam

 

A l’heure où de très nombreux penseurs et scientifiques reconnus et renommés alertent sur le possible effondrement de toutes les civilisations humaines, les médias tentent encore de focaliser notre attention sur le superflu de prises de positions géopolitiques plus ou moins assumées par un personnel politique occidental totalement aspiré par des considérations commerciales plus qu’humanitaires. C’est dire si très peu nombreux sont celles et ceux qui connaissent la situation réelle en Iran. En bref, pour la plupart d’entre eux, ils évoquent un sujet qu’ils ne maîtrisent absolument pas et se contentent de respecter une ligne politico-marketing stricte transmise parfois sans intermédiaire par les cabinets de lobbying des entreprises multinationales ayant de lourds intérêts en Iran.

 Ainsi, on apprend donc que les États-Unis sont un état belliqueux, ne cherchant que le conflit armé en Iran. D’aucuns sont même déjà certains que l’armée US entrera à Téhéran pour défaire les mollahs et récupérer la gestion des ressources du pays, quelles que soient les positions du peuple Iranien. Et de prendre divers exemples au travers des décennies de guerres asymétriques toujours à l’initiative de la plus grande puissance mondiale. Au final, ces gens raisonnent exactement de la même façon que le personnel politique évoqué plus haut. L’arrogance de telles prises de position, ne prenant jamais en considération la volonté de l’homme de la rue, démontre à quel point les échafaudages de la pensée occidentale sont déconnectés de la réalité du terrain en Iran. Pour toutes celles et ceux qui croient à ces théories farfelues, il convient de reprendre quelques arguments simples afin d’éclairer leur pensée d’un nouveau jour.

 Pour commencer, il faut savoir que le peuple Iranien est extrêmement patriote. Il n’acceptera jamais qu’une puissance étrangère vienne fouler son sol, même dans la promesse de le libérer d’un joug tyrannique effectif. L’armée Américaine n’entrera pas sur le territoire d’Iran. Le 23 juin 2018, sur la chaîne de la télévision de l’opposition iranienne INTV, Massoud Radjavi, acteur du mouvement des jeunesses Mossadeghiens dans les années 60 et également co-fondateur du CNRI, organe en exil représentant toutes les minorités et oppositions au régime théocratique, déclarait encore ceci :  « Du 20 juin 1981 jusqu’à aujourd’hui, la politique de la Résistance iranienne a été le renversement et le changement du pouvoir en place. Nous avons dit, et nous le répétons aujourd'hui, que le renversement et le changement du régime est un devoir et une tâche qui reposent sur nos épaules. » Et de marteler un peu plus loin : « Le renversement du régime est la tâche de notre peuple et de son mouvement d’avant-garde. »

 

 Pour un Iran libre et démocratique

De son côté, Maryam Radjavi, lors d’un discours le 20 juin 2019, reprenait et démontait les arguments accusant les Etats-Unis de volonté belliqueuse envers l’Iran : « Qui est en effet la partie belligérante ? Qui a lancé des tirs consécutifs de roquettes et de missiles sur les camps d'Ashraf et de Liberty ? Avant la désignation terroriste des gardiens de la révolution (CGRI) et les sanctions, et avant que les États-Unis ne se retirent de l'accord nucléaire, les mollahs clamaient sansscrupule que la Syrie était la 35e province de l'Iran. Ils n’hésitaient pas à dire que l'Irak était leur « centre et capitale » et même que « sa géographie est inséparable de celle de l'Iran ».

 L'actuel commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution a expliqué clairement : « La géographie de notre révolution s'est étendue jusqu’en Afrique du nord. » Il a ensuite mis en garde en disant que « ce sont les flammes de la Révolution islamique qui ont éclaté » en 1983 au Liban, « où l’initiative courageuse d'un jeune musulman a enterré 260 marines américains sous les décombres à Beyrouth, à l'est de la mer Méditerranée ».

 Le peuple iranien victime de la misère et de diverses calamités, crie : « Laissez tomber la Syrie et pensez à nous ! » Mais l'ingérence et les crimes du régime en Irak, en Syrie, au Yémen, au Liban et en Afghanistan n'ont eu pour lui jusqu'à présent aucune conséquence grave.  Alors. Qui faut-il fustiger ? L’agresseur iranien et sa volonté islamique radicale ou les États-Unis, qui décident de ne plus commercer avec un Etat s’étant promis constitutionnellement de dominer le monde ?

 Enfin, à tous les penseurs d’une relation commerciale Iran/UE capable de maintenir un équilibre de paix au Moyen-Orient, opposons des éléments factuels ; où se trouve la paix, aujourd’hui, au Moyen-Orient ? L’Iran est partout. Rien qu’en Syrie, on dénombre encore plus de 80 000 hommes de la force Qods. A toutes fins utiles, rappelons que l’armée régulière Syrienne compte près de 3 fois moins d’hommes. La guerre est finie et l’armée la plus puissante sur place se positionne en armée d’occupation. Les Syriens n’en veulent plus. Si tant est qu’ils en aient déjà voulu.

 Pour clore la question sur le bien fondé auto proclamé de la démarche Européenne à maintenir une relation commerciale avec l’Iran, on relève un mensonge conséquent. Pour les ‘observateurs’, assujettir l’Iran à des sanctions commerciales internationales reviendrait à affamer sciemment un peuple tout entier. Pure rhétorique. Chacun connaissant la réalité du terrain en Iran sait déjà depuis longtemps que les mollahs n’ont pas attendu les sanctions Américaines pour créer toutes les conditions de la misère au pays. L’économie est exsangue. L’argent est aspiré pour financer la guerre et le terrorisme. Quiconque s’y oppose est arrêté et torturé. Au contraire de ce que disent tout haut les ayatollahs du commerce, les sanctions, en contribuant à accélérer le processus, permettent enfin au peuple Iranien d’entrevoir la chute d’un régime sanguinaire, l’effondrement programmé de fous de Dieu, ne parvenant à imposer leurs points de vue que par la haine de l’autre et la violence…

 Pour un Iran libre et démocratique pour un Moyen-Orient enfin plus apaisé, pour un peuple de 80 millions de personne goûtant enfin à la liberté, il est urgent que le changement de régime ait définitivement lieu en Iran, pour et par le peuple iranien.

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