Iran: Qui était Ghassem Soleimani?

oleimani se déplaçait régulièrement entre le Liban, l'Irak et l'Iran, en particulier depuis les soulèvements dans ces trois pays qui ont secoué les piliers de la dictature iranienne. L’élimination de Soleimani est une évolution majeure qui affaiblit considérablement les mollahs et leur pasdaran. Cela va entamer leur moral, ainsi que celui de leurs mandataires dans la région.

 

Soleimani était l’un des pires criminels de l’histoire de l’Iran Soleimani était l’un des pires criminels de l’histoire de l’Iran

Ghassem Soliemani, commandant de la Force Qods des Gardiens de la Révolution (CGRI) du régime iranien et chef des attaques terroristes extraterritoriales des mollahs, a été tué à Bagdad le vendredi 3 janvier. Les forces américaines ont effectué une frappe aérienne par drone visant deux véhicules transférant Soliemani et Abu Mahdi al-Mohandes, chef adjoint de Hashd al-Shaabi (PMF), soutenu par Téhéran en Irak. Les deux ont été tués avec dix autres collègues et gardes du corps.

  Soleimani est né le 11 mars 1957 dans un village montagneux de la province de Kerman, dans le centre-sud de l'Iran. Il a quitté son village à l’âge de 13 ans après cinq ans d’enseignement primaire et a commencé à travailler comme entrepreneur à l’Organisation des eaux de Kerman. Soleimani s'est familiarisé avec les idées réactionnaires promues par les mollahs en Iran en 1976.

Soleimani a rejoint le CGRI après la révolution de 1979 et  a été parmi les premiers membres du CGRI dépêchés dans la ville de Mahabad, dans l'ouest de l'Iran, pour réprimer des manifestations d’opposants.

Au début de la guerre Iran-Irak en 1980, Soleimani a formé un certain nombre de bataillons du CGRI à Kerman et les a envoyés sur les lignes de front. Il a rapidement gravi les échelons et est devenu commandant de la 41e division d'infanterie mécanisée de Sarallah.

Des sources décrivent Soleimani comme une personne dépourvue de connaissances militaires académiques qui a acquis son expérience militaire grâce à une expérience sur le terrain. Il était également connu pour faire des remarques affirmant que la guerre Iran-Irak était « l’une des guerres les moins chères » et qu’Israël est à portée de missiles iraniens.

Après le cessez-le-feu de la guerre Iran-Irak, le CGRI a commencé la contrebande de stupéfiants pour couvrir ses dépenses. Avant d'être nommé chef de la Force Qods en 1997, Soleimani était en charge de la production et de la distribution de stupéfiants depuis l'Afghanistan vers les pays du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Europe et des États-Unis.

 

Coordinateur des activités terroristes dans la région

Au début de 1997, Ahmad Vahidi, alors chef de la Force Qods, a démissionné de son poste et le chef suprême du régime iranien Ali Khamenei a nommé Soleimani à ce poste. À partir de ce moment, Soleimani est devenu pleinement responsable des attaques terroristes du régime, du recrutement et de l’exportation de l’intégrisme par le biais de la Force Qods vers les pays voisins, le Moyen-Orient et d’autres pays en Asie, en Afrique, en Europe et aux États-Unis.

Soleimani était également le conseiller spécial de Khamenei pour l’Afghanistan et l’Irak et avait le dernier mot au sein du Conseil suprême de sécurité nationale du régime sur l'ingérence de l'Iran dans ces deux pays. Soleimani dirigeait personnellement les efforts pour accroitre l’influence politique du régime et les activités terroristes au Liban, en Syrie et en Palestine. En 2010, Soleimani a été promu au grade de général et a reçu deux fois des médailles de Khamenei.

«Aujourd'hui… nos frontières vont bien au-delà et nous devons assister à des victoires en Égypte, en Irak, au Liban et en Syrie; ce sont les impacts de la révolution islamique », a déclaré Soleimani dans un discours en juin 2011, en utilisant des termes qui rappellent Khomeiny, le sinistre fondateur du régime islamiste en Iran.

 

© maryam_rajavi_f

Le massacre des opposants

Soleimani a spécifiquement supervisé les attaques contre l'organisation iranienne des Moudjahidine du peuple (opposition iranienne, OMPI) pendant les années de leur séjour en Irak. Ces attaques impitoyables, dont beaucoup contre des membres sans défense et non armés de l'OMPI, ont été menées par des groupes mandataires de Soleimani.

Ces mêmes groupes ont également été fortement impliqués dans le massacre de manifestants irakiens ces derniers mois, et ont fait taire toutes les voix de la dissidence contre les gouvernements irakiens sous l’influence de Téhéran à partir de 2003.

Soleimani, l’un des pires criminels de l’histoire de l’Iran, a été impliqué dans le massacre de centaines de milliers parmi la population de la région, notamment en Syrie.  

Par le biais du Hezbollah libanais, Soleimani a également fait des ravages au Liban pendant des décennies et a ordonné au Hezbollah de former d'autres forces inféodées à Téhéran, telles que les Houthis au Yémen.

Soleimani se déplaçait régulièrement entre le Liban, l'Irak et l'Iran, en particulier depuis les soulèvements dans ces trois pays qui ont secoué les piliers de la dictature iranienne. L’élimination de Soleimani est une évolution majeure qui affaiblit considérablement les mollahs et leur pasdaran. Cela va entamer leur moral, ainsi que celui de leurs mandataires dans la région, fragilisant davantage la position d’Ali Khamenei dont l’avenir de sa dictature est plus sombre que jamais.

 

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