Un bourreau vient d'être nommé à la tête de l'appareil judiciaire en Iran

Une figure extrêmement controversé, Ebrahim Raïssi, vient d’être nommé la tête de l’appareil judiciaire du régime iranien. Il prendra ses fonction vendredi. Il est l’une des figure clé du massacre des prisonniers politiques en 1988. Son nom figure sur les rapports publiés sur ce massacre par Amnesty International et le Justice for Victims of 1988 Massacre in Iran (JVMI).

Ebrahim Raïssi Ebrahim Raïssi

Par Anahita Irani

Le massacre de 1988 en Iran est un des crimes les plus atroces commis dans l’histoire moderne. Pendant l’été de cette année-là, le Guide suprême iranien avait lancé une fatwa demandant l’exécution des prisonniers politiques et des dissidents. Environ 30 000 personnes ont été exécutées, pour la plupart des membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), la principale opposition au régime iranien.

Les « commissions de la mort » ont été mises en place et toute personne affiliée à l’opposition était systématiquement exécutée. Cet événement a été décrit comme le crime contre l’humanité le plus atroce commis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les organisations des droits humains dans le monde, les militants et les Iraniens se battent pour que justice soit rendue à ceux qui ont perdu la vie. Ces dernières années, le régime iranien a détruit les preuves de ce massacre, dont les charniers où les victimes ont été enterrées.

Trois décennies plus tard, les responsables de ce massacre n’ont toujours pas été traduits en justice. Pire, certains dirigeants qui ont joué un rôle dans le massacre ont gravi les échelons au sein du régime.

Ebrahim Raïssi, un ancien candidat à l’élection présidentielle, fait partie de ces personnes. Bien qu’il n’ait pas gagné la dernière « élection », mais il vient d’être nommé à la tête de la justice iranienne

Dans les milieux iraniens, on affirme que vu  son terrible bilan dans le massacre des opposants, le Guide suprême Ali Khamenei le charger de de réprimer les opposants qui sont devenus particulièrement actifs dans les réseaux de l'OMPI pour organiser et diriger les révoltes contre le régime.

Dans un récent communiqué Amnesty International a dénoncé que 7 000 opposants ont été emprisonnés en Iran en 2018, qualifié par l'ONG de d'"année de la honte pour l'Iran". 

La Justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran (JVMI) a publié deux rapport sur ce massacre et le secrétaire général de l’ONU l'a évoqué dans son rapport annuel.

La corruption, le soutien au terrorisme et l’absence de réformes intérieures ont brisé les espoirs et provoqué un mécontentement global contre le régime la dictature religieuse, qui en quarante ans de pouvoir ont trahit les ambitions de liberté et de justice sociale de la révolution de 1979.

 Désormais, la majorité de la population veut le changement de régime. Ce changement inéluctable est désormais dans l'air du temps. Les protestations récurantes en Iran sont frappantes de par leurs slogans sans concessions dirigés contre l’ensemble de la classe politique de la République islamique responsable de grandes tueries en Iran.

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