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Billet de blog 7 mars 2020

Le Monde :23 mineurs tués par les forces de l’ordre en Iran, dénonce Amnesty

L’organisation internationale a documenté 304 cas de personnes mortes dans les répressions policières lors des manifestations contre le régime, fin 2019 en Iran.

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Le Monde, Par Allan Kaval 

Hémorragie, écrasement du cerveau, crâne fracassé. Telles sont les blessures énumérées sur le certificat de décès d’Alireza Nouri, 17 ans, cité par l’organisation de défense des droits humains Amnesty International dans un nouveau rapport publié mercredi 4 mars sur la répression des manifestations de novembre 2019 en Iran. Cause du décès : « Collision avec la tête d’un objet rapide. » Rapide comme une balle de fusil. Mais le mot n’est jamais employé.

La mort du jeune Alireza compte parmi les 23 cas recensés par Amnesty International de mineurs tués par les forces de l’ordre iraniennes lors de cet épisode de contestation massive réprimée dans le sang par les autorités.

Quatre mois après, Amnesty poursuit son travail de documentation en se fondant sur des témoignages directs recueillis malgré les risques et sur l’analyse des rares images de la répression disponibles. Car les tueries de novembre ont eu lieu à huis clos. Des foules étaient sorties à partir du 15 du mois dans les rues du pays pour protester contre une augmentation du prix de l’essence avant de tourner leurs slogans vers le régime au pouvoir. Les autorités de la République islamique ont fait le choix de les réprimer loin des yeux du monde en coupant, dans tout le pays, l’accès à Internet.

Pourtant, mois après mois, les faits parviennent à émerger du douloureux trou noir que constituent dans le pays les journées de novembre malgré la succession de crises qui ont frappé la société iranienne depuis, et qui culmine désormais avec les effets de la gestion de l’épidémie de Covid-19 par les autorités. A ce stade, Amnesty International a pu documenter 304 cas de personnes tuées par les forces de l’ordre iraniennes lors des manifestations.

Relais de journalistes et d’activistes
Dans son rapport, l’organisation revient en détail sur 23 cas de mineurs de 8 à 17 ans, en grande majorité tués par balles, dont dix présentent des blessures à la tête ou à la poitrine, attestant, selon le rapport, d’une volonté de tuer de la part des forces de l’ordre, qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants et les passants.

Ce rapport consacré aux mineurs victimes de la répression préfigure d’un travail plus vaste, encore en cours. « Nous sommes en train de revenir en détail sur chacun des 304 cas que nous avons déjà documentés et nous cherchons à obtenir davantage d’informations sur les causes et les circonstances de leur mort », indique Raha Bahreini, avocate spécialiste des droits humains, chercheuse chargée de l’Iran pour Amnesty International.

D’après le rapport, les familles de ces victimes ont fait l’objet de pressions fortes de la part des autorités pour garder le silence, y compris au moyen de menaces de mort ou de menaces adressées aux parents concernant ceux de leurs enfants qui sont toujours en vie. C’est grâce à des appels lancés sur les réseaux sociaux les plus utilisés par les Iraniens, comme Telegram, et grâce au relais de journalistes et d’activistes locaux travaillant de manière discrète qu’Amnesty parvient à recueillir des témoignages de victimes et de parents dont les histoires seraient sans cela passées sous le radar.

« Les personnes qui sont sorties dans les rues en novembre, quel que soit leur âge, sont généralement issues de milieux défavorisés, précise Mme Bahreini. Ils n’appartiennent pas à la classe moyenne connectée et disposant d’un accès aux organisations de défenses des droits de l’homme et aux médias internationaux. » C’est en effet parmi la base populaire et pieuse du régime que les manifestations ont éclaté en novembre, une raison supplémentaire pour le pouvoir de mener, des mois après la répression, une autre bataille, celle du récit et de la mémoire des événements. Début mars, les autorités se refusent toujours à révéler un bilan officiel des décès.

Allan Kaval

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