The Independent : Des « tchattes » interceptés liés au terrorisme du régime en Iran

Le quotidien britannique The Independent a publié le 5 février 2019 un billet sur le terrorisme du régime iranien contre l'opposition démocratique sur le sol européen, notamment en France.

iran; la diaspora a manifesté vendredi contre le terrorisme des mollahs en Europe contre l'opposition démocratique du CNRI. iran; la diaspora a manifesté vendredi contre le terrorisme des mollahs en Europe contre l'opposition démocratique du CNRI.

The Independent, le 5 février 2019:

Des agents de sûreté européens ont intercepté des communications qui suggèrent non seulement qu’un diplomate iranien aurait été impliqué dans un complot présumé d’attentat à la bombe contre un rassemblement d’opposants au régime de Téhéran près de Paris, mais également qu’il aurait coordonné ses actions avec des collègues en Iran, selon un fonctionnaire bien placé d’un gouvernement occidental.

Les communications entre le diplomate iranien Asadollah Assadi et ses homologues en Iran seraient des SMS ou des « tchattes » recueillis par les services de renseignement européens.

« Les preuves de ses contacts avec le régime sont des ‘tchattes’ enregistrés », dit le fonctionnaire, qui a parlé sous condition d’anonymat pour avoir communiqué des informations sensibles.

L’affaire de Paris est un parmi plusieurs autres complots présumés planifiés par des Iraniens sur le sol européen qui ont mis les relations entre Téhéran et les pays européens à rude épreuve.

Les médias en Iran ont décrit une réunion tendue entre des diplomates européens et iraniens à Téhéran le 8 janvier. Les Européens ont souhaité présenter une plainte à propos de missiles iraniens, alors que les Iraniens ont réclamé des excuses pour le manque de progrès sur le maintien de l’accord et pour le fait d’accueillir des groupes terroristes.

Le lendemain, l’Union européenne a rajouté le ministre adjoint du renseignement iranien, Saeid Hashemi-Moqaddam, ainsi que M. Assadi à la liste des personnes sanctionnées.

M. Assadi, un diplomate en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne, est actuellement placé en détention en Belgique, accusé d’infractions terroristes. Il aurait passé de puissants explosifs plastiques à un couple belgo-iranien pour les utiliser lors d’une réunion le 30 juin de l’OMPI, un groupement politique iranien influent dédié au renversement du gouvernement de Téhéran.

Selon le fonctionnaire occidental anonyme, les enregistrements électroniques fourniraient de solides preuves de l’implication de M. Assadi dans le complot déjoué d’attentat à la bombe contre le rassemblement de Paris.

Dans un entretien publié le mois dernier par l’agence de presse semi-officielle ISNA, Ali Majedi, ancien ambassadeur d’Iran en Allemagne, admet que il serait difficile d’ignorer les preuves contre M. Assadi recueillies par les européens, sans donner de détail sur la nature de celles-ci, ni sur la manière dont il en a eu connaissance. « Certains pays européens ont fourni des preuves que l’on ne peut pas facilement écarter », aurait-il dit.

L’opération présumée de Paris, ainsi que d’autres complots présumés par des agents du régime contre des exilés iraniens aux Pays Bas et au Danemark, ont provoqué l’imposition de sanctions par l’Union européenne l’année dernière contre le ministère iranien de renseignement et de sécurité. Un complot déjoué contre le campement de l'OMPI en Albanie a incité ce pays, membre de l’OTAN, à expulser deux diplomates de haut rang le mois dernier.

La semaine dernière, les autorités en Allemagne ont indiqué qu’un dissident iranien âgé de 47 ans et résidant à Berlin prétendait avoir été battu par des hommes cagoulés parlant le persan. Selon son témoignage à la police, cette agression aurait été liée à ses activités politiques.

L’Iran a défié l’Europe de fournir la preuve de ces complots et a exigé la libération de M. Assadi qui, selon lui, bénéficie de l’immunité diplomatique.

Plusieurs milliers de partisans d'un groupe d'opposition iranien en exil ont défilé vendredi à Paris pour demander la fin du régime des mollahs iraniens, 40 ans après la révolution islamique qui a renversé la monarchie iranienne. Plusieurs milliers de partisans d'un groupe d'opposition iranien en exil ont défilé vendredi à Paris pour demander la fin du régime des mollahs iraniens, 40 ans après la révolution islamique qui a renversé la monarchie iranienne.

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